jeudi 26 décembre 2013

Election présidentielle de 2014 : notre pays mérite-t-il ce casting ?

  1. Présidentielle candidats
L’élection présidentielle qui doit se jouer au printemps  prochain en Algérie, n’a pour l’heure, pas l’air de mobiliser les esprits. Les algériens sont ailleurs et donnent plus qu’une impression, celle d’avoir délaissé le champ politique aux seuls éditorialistes et aux « polizness ».
 
Seule certitude à date, il y aura bien un gagnant à cette élection et ce, quelque soit le sort du trou des urnes.  Pas d’inquiétude non plus,  l’argumentaire que nous déroulera le ministre de l’intérieur au lendemain du suffrage et qui légitimera la victoire du candidat devenu président, sera huilé, juste assez, pour dissiper la douleur des perdants.
Scenario classique, d’une présidentielle comme l’Algérie en a tant connue depuis 1962. Avec cette fois un paramètre bien différent de l’ère FLN ou de celle qui aura marqué la décennie noire avec ce besoin urgent d’un retour à la paix. En effet, cette fois-ci, ce qui marque les analystes, c’est bien le désintérêt, voir le mépris de la masse envers la classe politique. Sentiment prédominant chez les jeunes, de 18 à 40 ans qui, mine de rien, représenteront plus de 40% du corps électoral en 2014.
Aujourd’hui, le fossé est tel que le problème qui se pose n’est plus tellement « qui ? » mais « pour faire quoi ? » Evidement, l’élection peut très bien se jouer sans les jeunes. Ils pourraient s’abstenir et la règle du jeu étant ce qu’elle est, il y aura tout de même un vainqueur au bout du ou des deux tours.
Mais comment le vainqueur pourra-t-il gouverner ?  Pour faire quoi de son quinquennat ?  Concernant les partants. La liste connue aujourd’hui est bien maigre en terme de « personnalités » capables de rassembler les 75 000 signatures nécessaires à la validation des de leur candidature. Dans le désordre, nous retenons, Yasmina Khadra, l’homme qui a le don de l’écriture mais pas celui de la parole.
Rachid Nekkaz, Un inconnu qui le restera. Ali Benouari, qui imagine enrichir son CV de « candidat à la présidentielle » ou encore Sofiane Djilali qui, d’après les photos, monte mieux à cheval que dans les intentions de votes.
Nous avons aussi, Kamal Benkoussa, qui, ce coup-ci performe déjà par l’élégance de son site internet. Cet homme est peu connu et il ne le deviendra que s’il accepte de baisser l’estime qu’il se porte et d’échanger ses Weston contre une bonne paire de bottes pour aller crapahuter dans l’Algérie profonde. Il  rêve de transformer la région natale de ses parents en une sorte de Kabylie-fornie et de faire de M’sila  la capitale des nouvelles technologies. Cette ville deviendrait alors la « M’sila con valley ».
Un jour, il se rendra peut être compte que les idées qui naissent en haut d’un téléski de bourg Saint Maurice peuvent aussi mourir dans une zaouia près de Laghouat. A moins que cette candidature n’en soit qu’une vraie fausse pour mieux mettre en scène un ralliement à l’homme qui sera fort, deux mois peut être même trois, avant l’élection.
Il aura peut être négocié pour cela un secrétariat d’Etat.  Il ne manque plus à cette liste que la candidature de Abdelkader Secteur. Lui au moins serait drôle. Car en effet, ce qui ne l’est pas du tout jusque là, c’est que ces personnes sont à la l’Algérie ce que Biyouna est au cinéma américain.  Eux, qui sous un tas d’autres prétextes considèrent qu’avoir un passeport algérien suffit pour envisager de représenter leur peuple.
Nous aurons également le choix de voter pour Ahmed Benbitour. Lancé dans la course depuis trop longtemps, sa campagne a vite montré des signes de fatigue. Elle se fait plus discrète et c’est peut être mieux ainsi. Ses déclarations sur le sujet de rendre ou pas langue nationale l’Amazigh et son refus de se positionner clairement sur ce point montre au moins deux défauts :
-          Un homme politique doit avoir des convictions et savoir les défendre,
-          On ne va plus de nos jours s’adresser à la presse sans un minimum de préparation et sans savoir garder ses nerfs.
Peut être que dans le fond, le discours de ce candidat est bon mais la forme est à ce point  désuète qu’elle en devient burlesque.
Quant Ali Benflis, voilà un candidat non encore déclaré mais dont on connaît déjà tous les détails de la campagne sans vraiment les chercher. Son entourage est déjà bavard et gâche toute surprise.
Les ralliements, les soutiens,  les organisations, ils disent à la presse jusqu’à leur incapacité à orchestrer et à organiser dans les villes leurs comités de soutiens. Pour des gens qui souhaitent prendre en main la destinée de l’Algérie, ça donne à réfléchir. On sait même que Benflis fera une longue, voir très longue déclaration à la presse sans droit de relance.
« Coucher, pas bouger », vous êtes là pour m’écouter. Cette attitude porte en elle la culture d’un temps passé. Aujourd’hui, un pitch se joue en 18 minutes. Et voilà pourquoi les prestations de Bill Gates, de Julian Assange, de Philippe Starck, de Peter Gabriel, de Richard Branson ou de Frank Gehrysont visionnées par des millions de personnes sur Youtube.
Il ne faut pas que 2014 soit un rendez-vous manqué avec notre avenir. Pour cela, notre pays a besoin de prétendants capables de comprendre qu’à partir du jour où la décision de se présenter est devenue irrévocable, un candidat, doit, à chaque instant,  prouver qu’il intègre l’enjeu historique de la fonction, et s’attache à se comporter aussitôt en conséquence : gagnant toujours plus en densité humaine, en bienveillance, en dignité, incarnant l’autorité tranquille, la clairvoyance, la limpidité de ses intentions.
Il devra se rendre prévisible, lisible. C’est la condition essentielle du lien de confiance. Son portrait robot serait alors celui d’un homme sage, dégagé des ambitions matérielles, objectif et impartial. Il devrait être authentique, fidèle à son histoire personnelle et qui parlerait le langage de l’effort. Sa vision du long terme concorderait avec sa maitrise de l’histoire. Il serait pragmatique, libre et saura engager sa parole. Notre pays mériterait bien un tel homme.
« Polizness » : Pour nos élus, la frontière est toujours ténue entre leur carrière politique et celle dans le business qu’il aura fallu inventer un nouveau terme.

Algérie Focus
 

lundi 23 décembre 2013

LE CALENDRIER PRÉSIDENTIEL EST FIXÉ : Silence! On prépare la campagne

Les Etats-généraux s'apprêtent à mettre les dernières retouches de l'architecture électorale, avant de dévoiler ses grandes lignes à l'opinion publique.
Tout semble être ficelé. L'agenda de l'échéance présidentielle est apparemment bien défini au sommet de l'Etat. Le flou qui entoure ces joutes commence à se dissiper lentement. Les différentes dates annoncées de part et d'autre donnent un aperçu sur la feuille de route du chantier électoral. Il s'agit des plus importants rendez-vous concernant l'élection présidentielle de 2014.
La convocation du corps électoral interviendra comme le stipule la Constitution le 9 janvier prochain, soit à 90 jours de l'élection présidentielle. Les Algériens seront conviés à l'urne le 17 avril 2014. La dernière date qui vient compléter le puzzle, c'est celle portant sur l'annonce de la candidature du président de la République à sa propre succession prévue, selon un quotidien arabophone, pour le 19 janvier prochain, soit dix jours après la convocation du corps électoral. Certes, rien n'a été officiellement annoncé jusqu'à présent, mais le timing restreint le confirme davantage.
Les états-généraux s'apprêtent à mettre les dernières retouches de l'architecture électorale, avant de dévoiler ses grandes lignes à l'opinion publique. Même le projet de la révision de la Constitution, ne tardera pas à voir le jour. La thèse du report de la révision de la Loi fondamentale du pays n'est plus retenue. Ce chantier sera entériné avant les grandes joutes électorales. Au sommet de l'Etat, les choses sont clairement définies.
Ce n'est qu'une question de quelques semaines et l'affaire sera classée. Le président de la République convoquera le parlement avec ses deux chambres, pour la tenue d'une session consacrée à l'adoption de la nouvelle Constitution.
Vu les délais imposés par l'élection, on se contentera uniquement de la voie parlementaire pour valider le projet, sans passer par un référendum. La révision de la Constitution va réellement briser la glace au sein de la classe politique qui reste de marbre. A moins de cinq mois de ce rendez-vous, rien ne donne l'impression qu'une élection présidentielle s'annonce à la porte.
Les ingrédients d'une campagne sont absents. Les vrais acteurs de cette compétition ne montrent toujours pas leur visage.
Les deux candidats potentiels dont tout le monde parle ne sont pas encore sortis de leur réserve. Il s'agit du président de la République et de l'ancien chef du gouvernement, Ali Benflis.
Le candidat malheureux de 2004 est partant pour la prochaine compétition. Sa candidature se confirme au fil des jours, à travers les comités de soutien qui se manifestent un peu partout à travers le pays, invitant l'ancien secrétaire général du FLN à se présenter. Ce dernier temporise juste pour mettre en place ses structures et sa direction de campagne.
«Ali Benflis annoncera officiellement sa candidature en décembre, c'est-à-dire dans quelques jours. Cela se fera de manière solennelle, devant la presse. Benflis a choisi d'annoncer sa candidature devant la presse, exclusivement», assure une source proche de son entourage. Même ceux qui se sont prononcés, sont restés en mode veille. Ces derniers attendent le coup de sifflet pour s'engager dans la campagne.
Les observateurs de la scène politique estiment que c'est à partir du mois de janvier que la scène politique renouera avec l'ambiance électorale. Les candidats se manifesteront pour dévoiler leurs plans de campagne.

L'expression

LE STAFF DE BENFLIS À QUATRE MOIS DE LA PRÉSIDENTIELLE : "Nous sommes d'attaque"


A mesure que l'élection présidentielle d'avril 2014 approche, les déclarations de soutien à la candidature de l'ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, se multiplient. Des comités de soutien naissent un peu partout dans le pays.
Parmi tous les candidats déclarés à cette échéance (Ahmed Benbitour, Sofiane Djilali, Abdelaziz Belaïd...) seul Benflis, dont la candidature n'est pas encore annoncée, bénéficie d'un tel élan de soutien.
De son quartier général installé dans une villa à Ben Aknoun (Alger), son staff de campagne, déjà mis en place, «scrute» tous les mouvements et activités inscrits dans le cadre de soutien à la candidature de Benflis.
Ce dernier peut même se targuer d'avoir le soutien de certaines organisations de masse, telle la Coordination nationale des enfants des moudjahidine et des partis politiques comme le Front national des libertés (FNL).
Ces deux organisations ont tenu avant-hier, respectivement à l'hôtel Hilton et à Bab El Oued, des rassemblements pour appeler l'ancien secrétaire général du FLN à prendre part à la prochaine élection présidentielle.
Ali Benflis peut même espérer le soutien d'une partie du FLN, dans le cas où Bouteflika renoncera au projet du quatrième mandat. «Dans les coulisses, des membres du comité central et même du bureau politique souhaitent que Bouteflika ne se présente pas à l'élection pour que cela profite à Benflis», explique un membre du comité central.
Du reste, la moitié de la composante du bureau politique de ce parti est constituée parmi les anciens partisans de Benflis en 2004.
Ali Benflis, dont l'annonce de la candidature est attendue juste après la convocation du corps électoral à la mi-janvier 2014 (la loi électorale accorde aux candidats 45 jours à compter de la date de convocation du corps électoral pour déposer le dossier de leur candidature), bénéficie également du soutien de plusieurs autres organisations de la société civile. Cela, même, si aucune organisation n'a affirmé avoir consulté le programme du «candidat attendu».
Mais tous ces soutiens ne sont pas bien perçus dans certains cercles qui se préparent, selon des sources, à contrer cette montée en puissance de l'ex-chef de gouvernement.
En tout cas, les proches de l'ex-chef de gouvernement affirment que tout est prêt non seulement pour l'annonce de la candidature, mais aussi pour la campagne électorale.

L'expression

ELECTION PRÉSIDENTIELLE : Le compte à rebours a commencé

La liste des candidats sera bien garnie et la course serrée
                                    La liste des candidats sera bien garnie et la course serrèe
 
 
L'annonce du Président sortant sera, sans doute, l'élément déclencheur de la fièvre électorale et elle donnera le coup d'envoi de la course à la magistrature suprême du pays.
Le rendez-vous électoral d'avril 2014 avance à grands pas. Les spéculations sur cette échéance capitale vont bon train. Des spéculations sur la date exacte du scrutin, sur la date de convocation du corps électoral, la révision de la Constitution et surtout sur la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika sont l'ingrédient des spéculations des uns et des autres. Ira-t-il, n'ira-t-il pas? Toute la classe politique reste suspendue à cette réponse. Une fois la décision officiellement annoncée, la classe politique, qui est frappée de gel, s'emballera.
Les candidats de l'ombre vont se manifester pour se bousculer au portillon. L'annonce du président sortant sera, sans doute, l'élément déclencheur de la fièvre électorale et elle donnera le coup d'envoi de la course à la magistrature suprême du pays. A moins de 20 jours de la convocation du corps électoral, les desseins de cette compétition sont loin d'être perceptibles.
Les observateurs avisés de la scène nationale estiment qu'il y a deux scénarios qui vont se produire. Dans le cas où le président de la République se présentera à sa propre succession, l'enjeu sera plutôt clair. Jouissant d'une grande popularité, le Président Bouteflika n'aura aucune peine à décrocher le quitus pour un quatrième mandat.
Les partis FLN, RND, TAJ et MPA se disputeront le terrain pour animer la campagne présidentielle. Ces derniers n'ont pas attendu l'annonce pour faire campagne tambour battant pour le quatrième mandat. Ayant mis la machine en branle avant l'heure, ces partis attendent juste le signal pour passer à la vitesse de croisière. Ce cartel va épargner au président candidat de faire le déplacement à travers le territoire national.
«Le président de la République n'a pas besoin de sillonner le pays, puisqu'il a eu à le faire à plusieurs reprises», soutiennent ses sympathisants. Malgré que son état de santé se soit fragilisé, ses partisans estiment que cela n'est pas une entrave.
D'après son entourage, «le chef de l'Etat récupère bien et ses capacités morales et intellectuelles sont intactes».
Dans ce cas précis, les chances de ses concurrents seront réduites. L'autre scénario est que, selon les même sources, le président renoncera à se présenter pour un quatrième mandat.
Dans ce cas de figure, l'on peut s'attendre à plus d'une dizaine de candidats. En plus de ceux qui se sont prononcés et ceux attendus, d'autres personnalités qui pourraient créer la surprise.
La liste des candidats sera bien garnie et la course serrée. Une chose est sûre: la non-candidature du Président Bouteflika va brouiller les cartes du cartel sus-cité. Vu les intentions nourries pour la présidentielle, M.Ghoul n'hésitera pas à se lancer dans la bataille. Ce projet, il l'a très bien travaillé. En faisant une campagne pour le quatrième mandat, M.Ghoul s'est même préparé à l'autre éventualité. Selon les observateurs de la scène politique, les partis peuvent se concerter autour d'un candidat du consensus.
Un choix sur lequel le président sortant aura un droit de regard pour s'assurer de mettre le pays entre de bonnes mains. Lequel de ces scénarios a des chances de se produire?
La réponse sera apportée dans la déclaration du locataire d'El-Mouradia. Ce qui est sûr est que le flou qui entoure la scène politique, depuis plusieurs mois, finira par se dissiper dans peu de temps. Il reste à savoir si le président se prononcera avant ou après la convocation du corps électoral. Ce qu'il faut noter est que le président n'est tenu par aucun délai, puisque la Constitution n'en fixe pas.
Le président a devant lui 90 jours pour se déterminer. Idem pour le projet de révision de la Constitution qui est suspendu. D'après les constitutionnalistes, le chef de l'Etat peut procéder à la révision de la Constitution même après la convocation du corps électoral.
La nouvelle semble lever le voile sur le puzzle qui se prépare en catimini au sommet de l'Etat.

L'expression

mardi 17 décembre 2013

ALORS QUE LA CLASSE POLITIQUE REGARDE AILLEURS : La démocratie languit au seuil de la porte

La démocratie languit au seuil de la porte
Jamais de l'histoire de l'Algérie, élection présidentielle n'a été précédée par un silence aussi total.

Les mois passés, les Algériens discutaient de la qualification de leur Equipe nationale et, depuis que cette dernière a gagné son ticket pour le Brésil, ils ne discutent plus que du groupe, des chances de passer au second tout et, depuis quelques jours, du contrat de l'entraîneur national. Des candidats à l'élection présidentielle, du devenir du pays, des générations à venir et des autres thèmes d'importance majeure, aucun débat, aucune discussion. Chacun fait comme bon lui semble. Rien que quatre mois avant la prochaine élection présidentielle et, en plus d'une activité partisane des plus indigentes, la scène nationale enregistre une malheureuse absence de débat politique. Jamais de l'histoire de l'Algérie, élection présidentielle n'a été précédée par un silence aussi total au point où l'on a l'impression d'entendre battre le coeur de notre Algérie.
Est-ce le niveau politique de l'Algérien qui aurait chuté jusqu'à rendre impossible l'échange des points de vues comme cela se faisait jadis, ou est-ce plutôt le dégoût qui fait fuir les gens de tout ce qui touche à la politique? Est-ce pour signifier leur manque d'intérêt à ce qui se prépare que les Algériens ne discutent ni de l'avenir de leur pays ni des hommes qui devraient y aspirer, ou est-ce plutôt pour dire qu'ils ne croient plus en des jours meilleurs? Quelle que soit la réponse, il y a lieu de s'inquiéter sérieusement car, en Algérie, on n'a jamais vu situation pareille! L'opposition, comme si elle s'asseyait paisiblement autour d'un feu de camp, discute pour tuer le temps. Certains réfléchissent encore à l'opportunité de participer ou pas à la présidentielle d'avril, d'autres jettent la responsabilité sur les différents organes de leurs partis respectifs, majliss echoura, congrès, et que sait-on encore, comme si dans ces partis on attend la dernière minute pour savoir si l'on va désigner ou non un candidat pour l'élection d'une telle importance, aussi bien pour le pays, que pour les partis eux-mêmes. Mais d'où nous tire-t-on donc cette manière de procéder avec l'élection présidentielle? On ne va tout de même pas nous dire que le MSP ne savait pas qu'en 2014 il va y avoir un scrutin pour la magistrature suprême en Algérie. On ne va pas nous raconter du côté d'on ne sait plus quel parti encore, qu'ils ont été surpris d'apprendre à la dernière minute que le poste de président de la République sera sujet à élection en avril 2014. Car, franchement, c'est tout ce qui nous manque pour que le comble soit à...son comble! Des partis qui se veulent grands et qui le prétendent à haute voix, mais qui, une demi-heure avant l'élection (c'est le cas de le dire), n'ont pas encore décidé s'ils vont ou pas participer à ce rendez-vous électoral! Pendant ce temps, Saâdani, défiant l'entendement, donne les résultats du scrutin d'avril 2014 sans détour et sans gêne, oubliant par-là que son poste, son âge et le rôle qui est sien devraient l'empêcher de faire une telle bourde. «Bouteflika sera président et Belkhadem son vice-président», avait-il sifflé d'une voix stridente dans les micros qui lui sont tendus depuis qu'il est intronisé à la tête du FLN. On aurait aimé qu'il nous donne aussi le taux de participation, tant qu'il y est et, pourquoi pas, le score de chaque candidat puisqu'il «connaît bien» ces choses comme il l'a soutenu ouvertement!
Sellal qui soutient, poing sur la table, qu'il ne mène aucune campagne électorale, annonce tout haut qu'il est «pour Bouteflika jusqu'au bout», oubliant les réserves que doit marquer l'administration en pareilles circonstances, lui qui a pourtant grandi dans l'administration. Cette déclaration, ajoutée à ce qui est constatable, et c'est tout à fait compréhensible, a provoqué l'ire de certains opposants qui n'ont pas manqué de monter au créneau pour demander un changement du gouvernement avant l'élection. «La nature a horreur du vide», dit le proverbe et lorsque l'opposition, par faiblesse ou pour d'autres raisons, laisse le terrain inoccupé, il est tout à fait normal qu'il soit envahi par le pouvoir. L'opposition est d'abord un comportement mais malheureusement, il nous a toujours été donné de constater que chez nous, il s'agit plus d'ambition que d'autre chose. Aussi, lorsque tel candidat ou tel autre juge que ses ambitions sont assez grandes, il traîne son parti derrière lui pour postuler et que lorsque, pour différentes raisons, il ne croit pas en ses chances, alors il fera attendre son parti, quitte à ce que le pays et la démocratie attendent aussi! Il n'y a pas que le peuple qui attend que bouge enfin l'opposition pour faire connaître sa position. Il n'y a pas que le pays qui attend de connaître ce que vaut son opposition.
Il y a aussi la démocratie qui attend et qui n'en peut plus d'attendre! Debout à nos frontières depuis 1962, la démocratie n'a eu de cesse de nous regarder et d'attendre. Mais, à chaque fois qu'elle avait cru que nous allions lui ouvrir, nous lui avons tourné le dos. Est-ce ce que nous allons faire cette fois aussi? Les chances sont grandes pour que notre comportement se reproduise à l'identique.

L'EXPRESSION

Des comités de soutien à Bouteflika : "Adressez-vous à la nation, Monsieur le Président"

Après l’avoir appelé à renoncer au quatrième mandat pour lequel ses proches font un forcing, l’animateur général des comités de soutien du président Abdelaziz Bouteflika, Abdelghani Touhami , lui a adressé une autre lettre, envoyée avant-hier, dans laquelle il le presse de sortir de son silence.


L’expéditeur parle au nom des coordinateurs des comités de soutien qui partagent le même point de vue concernant le quatrième mandat. «Nous vous transmettons les revendications des commissions, en particulier, et celles des Algériens, en général, quant à la préparation des prochaines élections et leur importance pour l’avenir du pays», lui écrit-il d’emblée.
Soulignant l’intense activité des réseaux de soutien ces dernières semaines et le débat auquel ont participé 350 coordinateurs, il ressort, selon Abdelghani Touhami, une vive préoccupation suscitée par l’opacité qui entoure la prochaine élection présidentielle. Les Algériens, affirme-t-il au chef de l’Etat, ont «peur de l’avenir». Selon lui, «les conditions dans lesquelles se prépare la prochaine échéance électorale ont créé des tensions qui risquent de mener vers l’explosion sociale et de graves visions dans la société présageant ainsi d’un avenir incertain dans un contexte marqué par la précipitation des événements en Afrique, dans le monde arabe et à nos frontières».
«Nous avons besoin plus que jamais, en ces moments difficiles, et en cette étape historique et cruciale, d’union, de consensus et de solidarité entre les Algériens pour un avenir dont il faut clarifier les contours aujourd’hui, pas demain», alerte l’animateur général des comités de soutien au président Bouteflika.
Pour Abdelghani Touhami, «le prochain président de l’Algérie, selon les sondages des réseaux de soutien, ne peut faire face aux défis qui se posent à l’Etat s’il n’a pas le consensus populaire autour d’un véritable programme politique, sécuritaire et économique». Le prochain Président, souligne-t-il encore, «doit être un digne héritier des valeurs de la guerre de Libération nationale, un homme à principes, fin connaisseur des disfonctionnements de la justice pour rétablir les citoyens dans leurs droits, capable de mettre en place un groupe de travail national susceptible d’appliquer une politique économique à même de garantir une vie digne aux Algériens, de réhabiliter la puissance de l’Etat en luttant sans merci contre la corruption et mettre en place des mécanismes de contrôle de la dépense publique».
Dans sa lettre adressée avant-hier au chef de l’Etat, Abdelghani Touhami, qui parle au nom de 350 coordinateurs des comités de soutien, appelle le locataire d’El Mouradia à «désamorcer un pays miné et le placer dans la sérénité en prononçant au plus vite un discours à la nation et ne pas attendre deux mois pour le faire». Il est urgent d’arrêter, précise-t-il, ceux qui veulent précipiter le pays dans l’inconnu. «Votre silence, écrit Abdelghani Touhami, sera utilisé par ces gens malintentionnés pour diviser la voix du peuple et sa volonté.» Il appelle le président Bouteflika à s’adresser en urgence aux Algériens à travers un discours historique, maintenant. Après, précise-t-il, «ce n’en sera pas un».

EL WATAN

 

samedi 14 décembre 2013

SELLAL À PARTIR DE TLEMCEN : "Avec Bouteflika jusqu'au bout"

Il ne rate aucune occasion pour applaudir toute voix appelant Bouteflika à se porter candidat
 
«Le miracle s'est produit dans ce pays grâce au Président Bouteflika que nous avons soutenu et soutiendrons jusqu'à la dernière goutte de notre sang.»

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, refuse d'inscrire ses visites dans les wilayas du pays dans le cadre d'une pré-campagne électorale en faveur d'un quatrième mandat pour le chef de l'Etat.
Mais il ne rate aucune occasion pour applaudir toute voix appelant Bouteflika à se porter candidat à sa propre succession à l'occasion de l'élection présidentielle du mois d'avril prochain.
Cela s'est vérifié de nouveau, jeudi 12 décembre à Tlemcen, à l'occasion de la traditionnelle rencontre avec les représentants de la société civile à l'issue de chaque visite.
Comme à Relizane, à El Oued, à Biskra et à Aïn Témouchent, le Premier ministre s'est levé pour applaudir l'appel du président de l'APW de Tlemcen fait à l'adresse de Bouteflika pour briguer un autre mandat.
Dans son discours d'ouverture de la rencontre, M.Sellal s'est contenté, comme c'est devenu la coutume, de vanter les réalisations du chef de l'Etat. Ce qui a créé, en revanche, l'événement, ce sont les intervenants qui ont appelé, pour la majorité, Bouteflika à ne pas quitter le palais présidentiel d'El Mouradia.
En réponse à ces intervenants, M.Sellal a évité de plaider directement à un quatrième mandat. Entre les lignes de ses phrases, la cause est clairement lisible: «Le miracle s'est produit dans ce pays grâce au Président Bouteflika que nous avons soutenu et soutiendrons jusqu'à la dernière goutte de notre sang.»

Sellal charge les opposants
Dans son discours, devant une assistance acquise, le Premier ministre a stigmatisé ceux qui s'opposent à la politique du gouvernement, les accusant de vouloir semer le désespoir parmi les citoyens.
«Il y a parmi nos élites intellectuelles ceux qui se contentent de critiquer comme s'ils cherchent à pousser la société vers le désespoir et la démission», a-t-il dit, estimant que «cela ne sert le pays en quoi que ce soit».
Il ajoute qu'être au service du pays, «consiste à assumer ses responsabilités» et «s'engager pour la chose publique et l'effort associatif».
«C'est la présence des élites sur le terrain qui constitue une pression positive susceptible d'optimiser le rendement du politique, de l'élu et de l'administratif», a-t-il précisé.
Le Premier ministre dont le gouvernement est attaqué sur plusieurs plans a appelé aussi au rejet des idées éculées et préjugés qui condamnent à l'échec toute initiative. Pour se défendre, il souligne: «Nous ne sommes pas les meilleurs en Algérie, d'entre les nations, mais je suis certain que ne nous sommes pas les pires, nous devons simplement rattraper le temps perdu et corriger les erreurs.»
Dans sa plaidoirie pour défendre les réalisations de Bouteflika, dont la réconciliation nationale qualifiée de «véritable miracle», M.Sellal a cité celle-ci, le remboursement de la dette extérieure et la stabilité du pays.
«Il faut le reconnaître», a-t-il lancé.
Dans son allocution, le Premier ministre a exprimé la détermination de son gouvernement à préserver la stabilité et la pérennité de l'Etat républicain et à poursuivre les efforts pour le développement économique et social du pays.

Préserver l'Etat républicain
«La diversification de l'économie algérienne et son orientation vers les secteurs productifs sont devenues une nécessité incontournable pour laquelle les pouvoirs publics préparent les conditions et les raisons de succès», a-t-il souligné.Parmi ces conditions, M.Sellal cite le «refus catégorique de toute discrimination entre les secteurs public et privé», expliquant que le plus important est la réussite de l'entreprise algérienne et son aptitude à contribuer à la création de richesse et d'emploi.
Il cite aussi l'amélioration de l'environnement des affaires et la simplification des procédures et des systèmes juridique, réglementaire, bancaire et fiscal. Pour l'orateur, l'avenir du pays est tributaire de son développement économique.

L'expression