lundi 13 janvier 2014

FLN : Rivalités et ambitions présidentielles

On se pose des questions et on se demande à quoi joue Amar Saadani, avoue un membre du comité central sous le couvert de l’anonymat.
Le meeting de samedi n’a servi à rien, puisqu’il a répété le même discours qu’il tient depuis qu’il est à la tête du parti. Déplacer des gens pour les réunir pendant dix minutes est une mascarade. En réalité, Amar Saadani est devenu un problème pour ceux qui l’ont installé.»
Pression. Face à l’absence d’informations sur les intentions réelles du Président, le patron du premier parti d’Algérie veut maintenir la pression et pousse à la surenchère. Mal élu, il sait que son avenir politique dépend du maintien à la tête de l’Etat du président Bouteflika. «Il sait qu’il ne peut compter que sur cette hypothétique possibilité pour rester en place, analyse Abdelhamid Si Affif, ancien membre du bureau politique. Amar Saadani croit qu’il peut pousser le Président à se représenter, il se trompe. Bouteflika connaît bien ce pays et il n’a besoin de personne pour lui dicter sa décision. En agissant ainsi, il ne rend service ni au Président ni au parti.»
Au sein du FLN, certains estiment que la campagne qu’il mène actuellement n’est qu’un écran de fumée pour sa candidature, dans le cas où le Président déciderait de ne pas se représenter. «Personne n’est dupe, juge Aïssi Kassa, ancien membre du bureau politique. Amar Saadani manœuvre pour son propre compte. Il veut se donner l’image d’un réformateur en s’attaquant aux services de sécurité et en appelant à l’instauration d’un Etat civil, comme si l’Algérie était un Etat militaire. Il veut même faire croire qu’il est chargé de jouer les intermédiaires entre Bouteflika et Aït Ahmed, alors que le président d’honneur du FFS n’a même pas donné suite à la lettre qu’il lui a envoyée. Je tiens à rappeler que c’est au comité central de définir le profil du candidat à la présidentielle et que personne ne pourra y échapper.» Ce profil pourrait bien avoir les traits du Premier ministre Abdelmalek Sellal.
Au sein du parti, une majorité de membres du comité central ont décidé de soutenir une personnalité nationale qui ne soit pas partisane afin d’éviter la candidature de Abdelkader Bensaleh, secrétaire général du RND, dans la perspective d’une candidature de consensus. «Nous sommes nombreux au sein du parti à être favorables à la candidature de Abdelmalek Sellal, si le Président décide de ne pas se représenter, admet Abdelhamid Si Affif. C’est une personnalité nationale qui n’est pas partisane et en plus, elle est la plus proche du Président. Le Premier ministre me paraît le meilleur choix pour le parti.»
Deal. Dans cette partie de poker menteur, le secrétaire général du parti a vu samedi réapparaître une vieille connaissance, Abdelaziz Belkhadem. L’ancien secrétaire général du FLN, qui s’était fait discret depuis son éviction du parti, a décidé de répondre à l’invitation qui lui avait été transmise. «Abdelaziz Belkhadem est un homme politique et ceux qui l’ont enterré un peu trop vite se sont trompés, analyse un ancien membre du comité central. Il n’a jamais coupé les liens avec ses relations et avec les responsables des mouhafadas. S’il est venu samedi, c’est qu’il considère que Saadani est affaibli au sein du parti, mais également pour lui rappeler certains engagements qui ont été discutés entre eux.»
Entre les deux hommes, un accord aurait été négocié au moment où Amar Saadani s’apprêtait à devenir le nouveau patron du parti. «Abdelaziz Belkhadem a accepté de ne pas contester la prise du FLN par Amar Saadani et en contrepartie, celui-ci soutiendrait sa candidature à la présidentielle dans le cas où le Président ne se représenterait pas, détaille un ex-membre du bureau politique sous le couvert de l’anonymat. En se montrant à la coupole du 5 Juillet, Belkhadem a voulu rappeler l’engagement qu’ils les lie.» 

EL WATAN

Election présidentielle : Le compte à rebours à partir de vendredi prochain

L’article 133 précise que le corps électoral est convoqué par décret présidentiel 90 jours avant la date du scrutin.

La convocation du corps électoral pour la présidentielle d’avril prochain devrait intervenir, en principe, à partir de vendredi prochain. C’est du moins ce qu’ont expliqué des constitutionnalistes contactés hier. Selon ces derniers, l’expiration du mandat du président Bouteflika prendra effet le 17 avril 2014, d’autant plus qu’il avait prêté serment la même date de l’année 2009. Cette question, soulignent-ils, est régie par les dispositions de la loi électorale amendée en 2011 et entrée en vigueur depuis le mois de janvier 2012. Que dit ce texte ? La loi électorale consacre, en effet, deux articles à cette problématique. Il y a d’abord l’article 132 qui stipule que les élections présidentielles auront lieu, dans les 30 jours qui précèdent l’expiration du mandat du président de la République. Plus explicite, l’article 133 précise que le corps électoral est convoqué par décret présidentiel, 90 jours avant la date du scrutin.
Par un simple calcul, on déduit que le corps électoral sera convoqué, vendredi prochain. S’appuyant sur le calendrier de l’élection présidentielle de 2009, les hommes de loi expliquent que le président Bouteflika a, certes, été élu le 8 avril 2009, mais il a pris officiellement ses fonctions en prêtant serment le 17 avril 2009. C’est à partir de cette date que le compte à rebours devrait commencer. «Nous ne prenons pas en considération le jour de l’élection du Président, mais la date à partir de laquelle le Conseil constitutionnel a validé les résultats du scrutin qui permet au chef de l’Etat de prendre officiellement ses fonctions en prêtant serment», explique un juriste. La convocation du corps électoral permettra aux partis politiques qui dénonçaient le manque de visibilité de se positionner définitivement par rapport à cette échéance. L’on sera également fixé sur les intentions du président Bouteflika. Faut-il rappeler qu’en 2009, le Président sortant avait annoncé, deux jours après la convocation du corps électoral, son intention de briguer un troisième mandat.

La récolte des signatures : la phobie des candidats

Ni la Constitution et encore moins la loi électorale ne le lui interdisent. Mais pour se présenter à cette élection, les candidats doivent remplir certaines conditions énoncées dans la loi électorale. Notons au passage que ni la Constitution ni la loi électorale ne fixent un seuil pour l’âge des postulants. Les candidats doivent, comme première étape, déposer une demande d’enregistrement auprès du Conseil constitutionnel contre récépissé au plus tard dans les 45 jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. La demande de candidature est accompagnée d’un dossier comportant plusieurs documents, dont un certificat médical délivré à l’intéressé par des médecins assermentés, une déclaration sur l’honneur attestant de la non-possession d’une nationalité autre que la nationalité algérienne, un casier judiciaire n°3 de l’intéressé, une déclaration sur le patrimoine mobilier et immobilier à l’intérieur et à l’extérieur du pays…
Les candidats doivent écrire et signer un engagement portant sur le respect des libertés individuelles et collectives et le respect des droits de l’homme, l’adhésion au pluralisme politique, le respect de l’alternance au pouvoir par la voie du libre choix du peuple algérien… Le contenu de cet engagement écrit doit être reflété dans le programme du candidat. Le Conseil constitutionnel statue sur la validité des candidatures par décision, dans un délai de 10 jours à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature et la lui notifie immédiatement. Lorsque le dossier est accepté, les candidats seront cette fois-ci confrontés au casse-tête de la récolte des signatures. En effet, et selon l’article 139 du régime électoral, les candidats reçus ont le choix entre présenter une liste comportant au moins 600 signatures individuelles de membres élus d’APC, d’APW ou parlementaire ou alors une liste composée de 60 000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale. Ces signatures doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas et le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas ne saurait être inférieur à 1500.
Rappelons à ce sujet que beaucoup de candidats, lors des précédents scrutins, ont buté sur les signatures et ont été éliminés de fait de la course à la présidentielle. A préciser que la liste des signatures portées sur un formulaire sera transmise au Conseil constitutionnel et les électeurs ne peuvent accorder leur signature qu’à un seul candidat. Dans le cas contraire, les auteurs «de ces multiples signatures» seront exposés à des sanctions.
La loi interdit en outre l’utilisation des lieux de culte, des institutions et administrations publiques et de tout établissement d’éducation, d’enseignement ou de formation, quelle que soit leur nature, pour la collecte des signatures. Notons toutefois, qu’après le dépôt de candidature, le retrait du candidat n’est, selon la loi, ni accepté ni pris en compte.  

EL WATAN

samedi 11 janvier 2014

Présidentielle : Ali Benflis annoncera sa candidature 19 janvier

Les choses se précisent en vue de la prochaine présidentielle. Selon nos informations, Ali Benflis annoncera officiellement sa candidature dimanche 19 janvier. « Ali Benflis prononcera son discours de candidature le 19 janvier à l’hôtel Hilton d’Alger », précise notre source.
L’ex-chef du gouvernement a décidé d’officialiser sa candidature après la convocation du corps électoral, prévue la semaine prochaine, même si sa décision de se porter candidat à la magistrature suprême a été prise depuis plus d’une année. « Un choix objectif, explique notre source, qui n’a rien à voir avec l’état de santé du président ». « J’irai à la présidentielle avec ou sans la participation du président Bouteflika », avait confié Benflis à ses proches collaborateurs il y a quelques mois, quand il avait définitivement pris sa décision.
En décidant de se porter candidat à la présidentielle, Benflis, affirment ses proches, « expliquera aux Algériens les raisons de son silence depuis près d’une décennie.»
Ces derniers mois, Ali Benflis recevait beaucoup dans son bureau. Il a également multiplié les contacts avec les forces politiques et des personnalités nationales. « Il ne s’agit pas de rencontres officielles, mais de discussions et d’échanges de vues autour de la situation dans le pays », soutient notre interlocuteur.
Avec ou sans Bouteflika
Pour Ali Benflis, « les alliances se feront sur la base du programme politique », insiste notre source. Et celui de l’ex-chef du gouvernement est déjà prêt ! « C’est le fruit de son périple à travers le pays », précise la même source. « Ces dernières années, Benflis a fait le tour de l’Algérie pour écouter les citoyens, décortiquer leurs problèmes, réfléchir ensemble à des solutions et présenter une alternative crédible au peuple algérien en 2014 », précise-t-elle encore. « Le programme de Benflis est fin prêt. Il ne reste qu’à le défendre devant le peuple », ajoute-t-elle.
En décembre, Ali Benflis a nommé un homme de confiance, Abdelkader Salat, comme directeur de campagne. Dans son staff, l’ancien chef du gouvernement a choisi des personnalités apolitiques, à l’image de Mansour Kedidir, son ancien chef de cabinet et grand magistrat, pour s’occuper de la logistique. Lotfi Boumeghara, l’un de ses anciens conseillers au gouvernement, docteur d’État en relations internationales, chapeautera la communication. Bien évidemment, Ali Benflis a fait appel à des cadres et militants du FLN qui l’avaient soutenu en 2004 et lui sont restés fidèles depuis ! Comme Abdessalem Medjahid qui avait siégé au Bureau politique du FLN en 2003, Abbas Mekhalif, l’ancien chef du groupe parlementaire du FLN, Abdelkader Zidouk, membre du Comité central.
Candidat libre
Ali Benflis a-t-il reçu des garanties ? « Il n’y a aucune décision, aucun contact, aucune assurance » de la part d’une autorité officielle, assure notre source. Il briguera la magistrature suprême en tant que candidat libre, sans aucune casquette partisane, selon notre interlocuteur.         
À trois mois de la présidentielle d’avril 2014, les fidèles de Benflis sont convaincus que leur champion est en très bonne position pour la conquête d’El Mouradia. Son principal atout ? « C’est un rassembleur », estime notre source. « Il n’est pas régionaliste et il est ouvert à toutes les tendances politiques », ajoute-t-elle.
Ali Benflis peut aussi compter sur la base qu’il a construite dans plusieurs wilayas. « Je peux vous assurer qu’il n’y a pas une wilaya où nous n’avons pas une cellule de soutien », affirme la même source.
 

Info TSA::Présidentielle : Ali Benflis annoncera sa candidature le 19 janvier
 
TSA

jeudi 9 janvier 2014

Nouveau-né du groupe El Watan : Lancement réussi pour elwatan2014.com


Le nouveau site a été salué par nos lecteurs et dans les réseaux sociaux.
A élection historique, dispositif exceptionnel. Après des jours – et des nuits – de travail, le site d’El Watan entièrement consacré à la présidentielle a vu le jour. Elwatan2014.com a été lancé le 7 janvier, au moment même où le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, confirmait la convocation du corps électoral pour le mois d’avril. Média en ligne d’un genre inédit en Algérie, elwatan2014.com est la promesse d’une couverture avertie et indépendante de la campagne présidentielle. Pour chaque événement, plusieurs niveaux de lecture seront proposés. Grâce au fil d’information en continu, le lecteur accède en temps réel à l’actualité de la campagne. Le récit de l’élection s’y fera heure par heure, grâce à l’implication des rédactions d’El Watan et de plus de 50 correspondants en Algérie et à l’étranger.
Quels sont les enjeux du scrutin ? Quelles sont les forces en présence ? Quel est le rôle de l’armée ? Comment décrypter les moments forts et les discours des candidats ? Les analyses de nos experts permettront de se forger une opinion et faire du lecteur un citoyen avisé.
Elwatan2014.com, c’est aussi explorer le champ des possibles en termes de format. Reportages et diaporamas photos, vidéos inédites, infographies : tous les outils multimédias seront utilisés pour apporter un complément d’information au lecteur. Exemple d’animation : le parcours pour devenir Président, de la déclaration de candidature jusqu’à El Mouradia.
N’importe quel citoyen peut-il se présenter à la présidentielle ? Comment faire si je veux financer un candidat ? Quand aura lieu précisément l’élection ? Qui décompte les bulletins une fois le scrutin clos ? Pour répondre à toutes ces questions, les équipes d’Elwatan2014.com ont épluché la Constitution et le code électoral algérien. Ainsi, le lecteur connaît ses droits et ses devoirs d’électeur.
Le lancement d’Elwatan2014.com a été salué sur les réseaux sociaux, avec des échos très positifs sur la page facebook qui a dépassé le cap des 1000 fans en moins de 24 heures. La campagne peut commencer. 3, 2, 1 … Votez !

El Watan

À la veille de la convocation du corps électoral : Présidentielle : les partants, les abonnés et les indécis


Le secret jalousement gardé par Bouteflika sur ses intentions a plombé une présidentielle qu’on présentait comme décisive pour le pays. Quelle topographie peut-on faire du paysage électoral à un trimestre à peine du grand rendez-vous ?
Sans relief jusqu’ici, l’élection présidentielle prévue pour avril prochain va sans doute s’emballer sous peu. La convocation du corps électoral vient d’être annoncée, tout à tour, par le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, d’abord, lundi 6 janvier, à l’occasion de sa virée algéroise, puis par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, le lendemain, depuis Mascara. “Le corps électoral sera convoqué pour la présidentielle de 2014 la première quinzaine du mois de janvier courant à travers la publication d'un décret présidentiel”, a affirmé M. Belaïz. Cette annonce, en théorie du moins, est de nature à provoquer un grand emballement sur la scène politico-médiatique et à pousser les grosses pointures politiques à s’engager dans l’arène. C’est là, en tout cas, la conviction du ministre de l’Intérieur : “Je pense que la scène politique et les partis réagiront le jour suivant la publication du décret, notamment par l'annonce des déclarations de candidature”, a-t-il assuré. Il faut dire qu’on a mis beaucoup de temps pour engager la bataille des présidentielles.
Trois mois suffiront-ils aux Algériens pour faire la part des choses et décortiquer les programmes de tous les candidats ? Peu évident. La situation de flou, qui règne encore au sommet, n’est-elle pas entretenue sciemment pour éviter justement tout débat de fond sur la situation du pays et de faire objectivement le bilan de 15 ans de règne ? Vraisemblable. Une chose est sûre, le secret jalousement gardé par l’actuel locataire du Palais d’El-Mouradia sur ses intentions ont sérieusement plombé une présidentielle qu’on présentait pourtant comme décisive pour le pays. Quelle topographie peut-on faire du paysage électoral à un trimestre à peine du grand rendez-vous présidentiel ? Force est de constater que jusqu’ici, ce sont plutôt, à quelques exceptions près, les candidatures plus au moins folkloriques qui tiennent le haut du pavé.

Les habitués et les nouveaux venus

Très peu soucieux des conditions de la tenue du scrutin et de sa transparence, certains dirigeants de partis sont devenus, par la force des choses, des abonnés de la présidentielle.  Le plus emblématique de ce type de candidats est, sans conteste, Ali Zeghdoud, président du Rassemblement algérien. Il était candidat en 2004 comme en 2009 sans avoir jamais réussi à passer le cap de la collecte de 75 000 signatures exigées par la loi.
Les présidents d’Ahd 54, Faouzi Rebaïne, et du Front national algérien (FNA), Moussa Touati,  peuvent être classés dans la case des habitués des rendez-vous présidentiels même si, politiquement, ils sont à un cran au-dessus. Jamais deux sans trois, Fawzi Rebaïne, après avoir pris part aux élections de 2004 et de 2009, a encore annoncé, le 28 décembre 2013, sa candidature pour la prochaine élection. Fort de son costume de “présidentiable’’ enfilé en 2009, Moussa Touati, lui, a acté plus tôt, à la mi-juin 2013 précisément, sa participation à la prochaine présidentielle.
Aux côtés de ces “vétérans’’ de la présidentielle, de jeunes loups se sont eux aussi engagés dans la bataille dans le but de se donner une stature ou d’enraciner leurs partis dans l’échiquier politique. C’est le cas du président du parti Jil Jadid, Sofiane Djillali, un vétérinaire de formation qui a fait l’essentiel de ses armes au sein du PRA, qui a fait part de sa candidature en septembre 2013. Ambitieux et très présent sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, il entend incarner le changement et jouer dans la cour des grands. Autre nouveau prétendant à prendre part aux prochaines joutes électorales, Abdelaziz Belaïd, président du Front El-Moustaqbal, qui a annoncé sa candidature le 20 décembre 2013. Ex-secrétaire général de l’UNJA, M. Belaïd a fait toutes ses classes à l’école du FLN avant de lancer, à la faveur des “réformes de politiques” de 2011, sa propre formation politique. Partisan de Benflis en 2004, le président de Front El-Moustaqbel a décidé, cette fois, de faire cavalier seul.

Les atypiques et les expats
Sans parti ni ancrage social, l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour, en rupture de ban depuis 2000 avec l’actuel chef de l’État, s’est jeté dans le bain bien avant tout le monde, début 2013 plus précisément. Général sans troupes, M. Benbitour, plus technocrate que politique, a une foi de charbonnier de pouvoir bousculer l’ordre établi en ne comptant que sur la pertinence de ses propositions, notamment sur le plan économique.
Il est presque logé à la même enseigne que l’écrivain et ancien militaire, Yasmina Khadra, qui, sans aucune attache partisane, espère pourtant drainer les Algériens derrière sa candidature annoncée début novembre 2013 au Forum de Liberté, en ne comptant que sur son aura de romancier reconnue de par le monde.
Incontestablement, la grande nouveauté, voire la curiosité de la présidentielle d’avril 2014, est la présence de prétendants n’ayant pas de vécu algérien, c’est-à-dire vivant à l’étranger. Le plus en vue d’entre eux est Rachid Nekkaz qui, le 3 juin dernier, à partir de la frontière algéro-marocaine, a pris tout son monde de cours en annonçant sa candidature.
Après deux tentatives avortées de se faire élire en France, Nekkaz a décidé donc de faire carrière politique en Algérie en se présentant comme “candidat hors-système, de la jeunesse et du changement pour la présidentielle de 2014”. Et pour convaincre de son “algérianité’’ pleine et entière, il a renoncé à sa nationalité et à son passeport français.  Fort de sa “certitude de pouvoir être utile” pour son pays, Ali Benouari, ancien ministre délégué au Budget, établi depuis une vingtaine d’années en Suisse, a décidé, fort de ses idées libérales,  de retourner au bercail, mais dans la peau d’un présidentiable et de… “sauveur’’.
C’est le cas aussi, à quelques détails près, de Kamel Benkoussa, un enfant d’émigré, économiste de son état, qui, le 30 décembre 2003, a justifié sa candidature pour la présidentielle par son souci de servir l’Algérie, “un pays sous-géré”. Son but ? “Travailler à l’émergence d’une nouvelle république”, expliquait-il lors d’un récent Forum de Liberté. En dehors de ces prétendants à la candidature, beaucoup d’autres personnalités politiques qu’on a l’habitude de qualifier de “potentiels présidentiables’’, très au fait des mœurs et pratiques du système, préfèrent adopter la position de wait and see. Le jeu n’étant pas encore clair et les intentions de l’actuel chef de l’État non connues, ils ne veulent en aucun cas afficher leurs ambitions. C’est le cas des anciens chefs de gouvernement Mouloud Hamrouche et Ali Benflis, même si l’annonce de la candidature de ce dernier est donnée pour imminente. Quant aux anciens patrons du FLN et du RND, Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia, ils sont en embuscade dans l’attente d’un adoubement des sphères décisionnelles qui semblent, pour le moment, leur préférer l’actuel Premier ministre que certains cercles se plaisent à présenter comme le probable “candidat du consensus”. Face à ces candidats-maison, d’autres acteurs de l’opposition démocratique comme Saïd Sadi, ou islamistes (Abdallah Djabellah, Abderrezak Mokri, etc.) ne veulent aucunement s’aventurer à lancer leur candidature sans avoir au préalable réuni les conditions d’une élection honnête et transparente dont la gestion doit, à leur yeux,  impérativement être retirée au ministère de l’Intérieur et confiée à une commission électorale indépendante.

Liberté

mercredi 8 janvier 2014

17 partis politiques veulent une commission indépendante de préparation des élections

Alors que la convocation du corps électoral est annoncée par le ministre de l’Intérieur pour les prochains jours, voilà que la proposition de mise en place d’une commission indépendante de l’Administration, pour la surveillance du processus électoral est de nouveau relancée.
Ce sont les représentants de dix sept partis politiques siégeant à l’Assemblée qui sont à nouveau montés au créneau pour demander de dessaisir les Ministères de l’Intérieur et de la Justice de l’organisation des élections pour en confier la charge à une commission permanente et indépendante qui sera en charge du processus en amont et en aval.
Les partisans de cette revendication motivent leur démarche par un souci de « régularité , de transparence et de crédibilité de la prochaine présidentielle ».
Par ailleurs , un groupe de 29 députés ont proposé un projet d’amendement de la loi organique relative à l’organisation des élections. Entre autres amendements proposés, celui de la mise en place de la commission indépendante et de ses démembrements ainsi que la mise en place des moyens logistiques et humains pour lui permettre d’assumer pleinement sa mission d’organisation, de supervision du processus électoral de bout en bout.
En tout, pas moins de 63 amendements que ces députés ont proposés. Mais, selon Lakhdar Benkhellaf, député de Nahda, cette commission indépendante n’est pas contradictoire avec la commission composée de représentants des partis politiques et des candidats. Pour lui cette commission partisane reste une des garanties de régularité des élections.
L’initiative de ces députés a surtout une portée politique, car dans les faits, elle a très peu de chance d’aboutir en ce sens qu’une initiative de loi exige un certain nombre de signatures de députés, tel que précisé dans le règlement intérieur de l’APN. Et le chiffre des signataires est pour le moment très loin du compte.
Pour rappel, l’idée de la commission indépendante a été lancé il y a plus d’un mois par des personnalités et des partis politiques de l’opposition. Et le ministre de l’Intérieur Tayeb Bélaiz y avait opposé une fin de non- recevoir en expliquant, en substance, que l’organisation logistique et administrative des élections est une prérogative du Ministère de l’Intérieur dans tous les pays du monde.

Tout en suggérant que Bouteflika restera le chef de l’exécutif : Sellal : «Le peuple algérien sera au rendez-vous» de l’élection prési

 
C’est un Premier ministre confiant dans le soutien du peuple qui s’est adressé à la société civile. Le discours de Abdelmalek Sellal se fait de plus en plus offensif quand il s’agit de défendre le bilan du président Bouteflika et de montrer la confiance des membres de l’Exécutif quant à l’après scrutin présidentiel. «Nous allons à des élections dans les semaines qui viennent. Nous souhaitons qu’elles se passent dans le calme», a déclaré le Premier ministre.


 Il ajoutera que l’Algérie «ira vers le meilleur car nous devons continuer l’effort qui est le nôtre sans incident ni panne qui pourrait le contrarier».
«Bouteflika est notre commandant et le peuple sera au niveau des enjeux qui nous attendent car nous sommes déterminés à parachever la réalisation des infrastructures de base et à pérenniser la justice sociale», a-t-il ajouté sous un tonnerre d’applaudissements. La salle, composée d’élus et de membres de la société civile, est tout acquise à l’idée d’un 4e mandat pour le président Bouteflika. Le président de l’APW avait, dès l’entame de la rencontre, appelé Abdelaziz Bouteflika à se représenter pour «parachever son œuvre».
Abdelmalek Sellal, pour sa part, a expliqué aux présents que la préservation de la paix et de la stabilité était plus que nécessaire. «L’Emir Abdelkader, père de la Nation, nous a appris la citoyenneté. Cette dernière est basée sur le dialogue et la tolérance. Eux-mêmes, base de la stabilité sociale et essence de la paix civile», a-t-il déclaré en substance. Il rappellera que l’exécutif a fait des Hauts-Plateaux et du Sud les espaces de la relance de la production hors hydrocarbures. Il expliquera que le temps est venu de passer à l’exportation de biens industriels et de produits agricoles. Il se lancera par la suite dans une explication de textes basée sur les derniers chiffres publiés par l’Office national des statistiques en matière de chômage et d’inflation. Pour Abdelmalek Sellal, la maîtrise de l’inflation et la baisse du taux de chômage sont le résultat de la politique mise en place par
l’Exécutif «sous la direction du président Bouteflika». «Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, le taux de chômage est passé sous la barre des 10%.»
Même chez les universitaires le taux est orienté à la baisse», a-t-il déclaré. «Nous œuvrons dans le bon sens car nous voulons créer de la richesse, améliorer l’environnement de l’investissement que cela soit pour les Algériens ou les étrangers», a-t-il ajouté. Il dira que c’est «grâce à la politique du président Bouteflika, notamment en matière de désendettement, que nous sommes indépendants économiquement». «Nous espérons que cette politique se poursuivra et elle se poursuivra», a-t-il renchéri sous les applaudissements des présents qui ont encore une fois demandé au Président de se représenter à l’élection présidentielle.
Il réitérera ses appels à préserver la stabilité car «nous ne devons pas décevoir l’espoir existant». L’Algérie est un pays stable et un exemple pour beaucoup de pays, selon le Premier ministre. «Cette stabilité a été possible grâce aux sacrifices des Algériens qui ont tenu tête au terrorisme et à la réconciliation nationale», a-t-il dit. «Nous avons tous les moyens, humains et matériels, pour hisser notre pays au rang qui lui échoit. Pour cela, aimons-nous et regardons vers l’avenir», a-t-il ajouté.
C’est donc un Premier ministre qui affirme que le Président et les membres de l’Exécutif sont sereins quant à l’avenir immédiat du pays, y compris le résultat de l’élection qui s’annonce.

La Tribune