vendredi 14 mars 2014

Six candidats à l'élection présidentielle du 17 avril

Six candidats à l'élection présidentielle du 17 avril

Le Conseil constitutionnel a retenu, après délibération, six candidats à l'élection présidentielle du 17 avril prochain, indique jeudi un communiqué de cette institution.
Il s'agit de Belaïd Abdelaziz, Benflis Ali, Bouteflika Abdelaziz, Touati Moussa, Hanoune Louisa, Rebaïne Fewzi.
"Après délibération, il (le Conseil constitutionnel) a arrêté la liste des candidats retenus à l'élection du Président de la République suivant l'ordre alphabétique arabe de leurs noms tel que prévu à l'article 27 du règlement fixant les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel", est-il souligné dans le communiqué.
Le Conseil s'est réuni, durant la période du 10 au 13 mars, pour examiner et se prononcer sur les dossiers de candidatures, en application des dispositions du règlement fixant les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel, est-il précisé.
Dans son communiqué, le Conseil indique qu'"il a également rendu des décisions individuelles motivées de rejet des candidatures n'ayant pas satisfait aux conditions requises, notamment par l'article 73 de la Constitution et l'article 139 de la loi organique portant régime électoral, lesquelles décisions seront notifiées aux intéressés et publiées au Journal officiel de la République", est-il noté.
L'institution, présidée par Mourad Medelci, rappelle qu'à l'expiration du délai légal de dépôt des dossiers de candidatures à l'élection du Président de la République fixé au mardi 4 mars 2014 à minuit, le Conseil a enregistré "le dépôt par les candidats eux-mêmes, de douze (12) dossiers de candidatures auprès de son greffe".
Selon la même source, le Conseil constitutionnel a constaté que certains candidats ont accompagné leurs dossiers de candidatures de formulaires de  souscriptions de signatures d'électeurs ou d'élus, ou des deux à la fois.
Le Conseil a rappelé en outre qu'"il a fait appel à des magistrats et à des conseillers auprès de la Cour suprême et du Conseil d'Etat pour l'assister dans la vérification de la validité des souscripteurs de signatures".
Six candidats retenus à l'élection présidentielle du 17 avril 2014 (communiqué)
ALGER - Le Conseil constitutionnel a rendu publique, dans un communiqué, la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 17 avril 2014.
Voici le texte intégral du communiqué :
"Le Conseil constitutionnel s'est réuni durant la période du 10 au 13 mars 2014 pour délibérer sur les dossiers de candidatures à l'élection du Président de la République prévue le 17 avril 2014.
A l'expiration du délai légal de dépôt des dossiers de candidatures à l'élection du Président de la République fixé au mardi 04 mars 2014 à minuit, le Conseil constitutionnel a enregistré, conformément au règlement fixant les règles de son fonctionnement, le dépôt, par les candidats eux-mêmes, de douze (12) dossiers de candidatures auprès de son greffe.
Dans ce cadre, le Conseil constitutionnel a constaté que certains candidats ont accompagné leurs dossiers de candidatures de formulaires de souscriptions de signatures d'électeurs ou d'élus, ou des deux à la fois.
Soucieux de la bonne prise en charge de l'opération de contrôle des dossiers de candidature dans le délai fixé par la loi et en vue de garantir la crédibilité et la transparence de l'opération de dépôt, le Conseil constitutionnel a mobilisé des moyens matériels et humains importants tant internes qu'externes.
Par  ailleurs, le Conseil constitutionnel a fait appel à des magistrats et à des conseillers auprès de la Cour suprême et du Conseil d'Etat pour l'assister dans la vérification de la validité des souscriptions de signatures.
En application des dispositions du Règlement fixant les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel, le Conseil s'est réuni pour examiner et se prononcer sur les dossiers de candidatures.
Après délibération, il a arrêté la liste des candidats retenus à l'élection du Président de la République suivant l'ordre alphabétique arabe de leurs noms tel que prévu à l'article 27 du règlement fixant les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel a rendu également des décisions individuelles motivées de rejet des candidatures n'ayant pas satisfait aux conditions requises, notamment par l'article 73 de la Constitution et l'article 139 de la loi organique portant régime électoral, lesquelles décisions seront notifiées aux intéressés et publiées au journal officiel de la République.
Je vous donne lecture, ci-après, de la décision du Conseil constitutionnel arrêtant la liste des candidats retenus pour l'élection du Président de la République:
Le Conseil constitutionnel,
Vu la Constitution,
Vu la loi organique relative au régime électoral et les textes subséquents,
Vu le règlement fixant les règles de fonctionnement du Conseil constitutionnel,
Après délibération,
Décide :
Article 1er: La liste des candidats à l'élection du Président de la République est arrêtée, suivant l'ordre alphabétique arabe de leurs noms, comme suit:
1- M. Belaid Abdelaziz
2- M. Benflis Ali
3- M. Bouteflika Abdelaziz
4- M. Touati Moussa
5- Mme. Hanoune Louisa
6- M. Rebaine Ali Fewzi
Article 2: La présente décision sera publiée au journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire.
Ainsi en a-t-il été délibéré par le Conseil constitutionnel dans ses séances du 08 au 11 djoumada El Oula 1435 correspondant 10 au 13  mars 2014".

APS

L'ANCIEN PREMIER MINISTRE S'EST EXPRIMÉ SUR ENNAHAR TV : Le grand oral de Ouyahia

Le grand oral de Ouyahia
 
La bataille électorale sur les télévisions a commencé hier par l'intervention de l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, sur Ennahar TV.
Alors que la campagne électorale ne commencera officiellement que le 23 mars, le candidat Abdelaziz Bouteflika a choisi l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia pour répondre aux principales questions que se posent les Algériens, la classe politique et les nombreux observateurs locaux et étrangers de la scène politique.
Selon la chaîne de télévision Ennahar TV qui a donné quelques éléments de son passage hier, Ahmed Ouyahia s'est présenté en véritable homme d'Etat en mission spéciale. Ouyahia qui s'exprimait pour la première fois depuis plus d'une année et après son départ du gouvernement et du RND, s'est exprimé durant plus d'une heure sur la maladie du président, sa capacité d'exercer le pouvoir, après sa quatrième candidature. L'ex-patron du RND a révélé aux deux journalistes d'Ennahar TV, qui étaient chargés de l'interviewer, qu'il a rencontré le président de République à deux reprises, expliquant les raisons de son soutien à Bouteflika. Dans le même sillage, Ouyahia a commenté les différentes déclarations des hommes politiques et de l'opposition après l'annonce de sa candidature pour un 4e mandat et leurs menaces de sortir dans la rue. Mais le commentaire le plus attendu selon les journalistes d'Ennahar TV, c'est son explication des derniers changements au sein de l'armée qui ont suscité de nombreuses réactions politiques, qui ont fait couler beaucoup d'encre dans la presse et surtout qui ont créé des foyers de tensions au sommet de l'Etat. Surtout après les déclarations explosives du chef du FLN Amar Saâdani sur le patron du DRS, le général-major Mohamed Mediene. Véritable commis de l'Etat, l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, a eu la grande tâche de répondre aux questions très pointues des journalistes sur les scandales de corruption qui ont secoué le pays sur le plan national et international. Il a donné son explication sur l'affaire Sonatrach 1 et 2 dans lesquels sont impliqués de hauts responsables de l'Etat. Enfin, Ahmed Ouyahia a parlé en tant qu'ancien gestionnaire des affaires de l'Etat durant plusieurs années, du bilan économique du pays durant les 15 dernières années.
En définitive, cette sortie médiatique de l'ancien chef de gouvernement et ex-patron du RND fera date et s'inscrira dans les annales de ses interventions politiques comme le premier grand oral accordé à la télévision privée algérienne.

L'expression



source Ennahar Tv

CONSEIL CONSTITUTIONNEL : Le gendarme de la présidentielle

C'est le Conseil constitutionnel qui valide les candidatures
Le Conseil constitutionnel valide les candidatures, proclame les résultats et statue sur les recours formulés.
Dans l'élection présidentielle du 17 avril prochain, le Conseil constitutionnel jouera un rôle principal. C'est lui qui valide les candidatures et c'est lui qui proclame le résultat de l'élection. A la veille de l'annonce de la liste définitive des candidats admis au prochain scrutin, tous les regards sont tournés vers cette institution.
Présidé actuellement par Mourad Medelci, il a plusieurs autres fonctions, dont celles de veiller au respect de la Constitution, notamment en matière de contrôle de constitutionnalité et du contentieux électoral, ainsi que des compétences consultatives dans certaines circonstances particulières.
Créé au lendemain de la révision constitutionnelle du 23 février 1989, suite aux tragiques événements d'octobre 1988, il est chargé de veiller à la régularité des opérations de référendum, de l'élection du président de la République et des élections législatives. Présidée alors par Abdelmalek Benhabylès, cette institution comptait sept membres. A la faveur de la révision constitutionnelle du 28 novembre 1996, elle a vu ses compétences élargies pour concerner, entres autres, le contrôle obligatoire, préalablement à leur promulgation, des lois organiques. De sept membres, elle passe à neuf. Les trois pouvoirs constitués y sont représentés. Ainsi, au titre du pouvoir exécutif, le président de la République désigne trois membres, dont le président du Conseil constitutionnel. Au titre du pouvoir législatif, chaque chambre du Parlement est représentée par deux membres élus par leurs pairs.
Au titre du pouvoir judiciaire, un membre est élu par la Cour suprême et un membre est élu par le Conseil d'Etat. Parmi les neuf membres actuels, Bouteflika a désigné le président (Mourad Medelci) et deux autres membres, à savoir Hanifa Benchaâbane (ex-directrice de l'Agence nationale pour le développement de la recherche scientifique) et Abdeldjalil Belala (ex-ambassadeur).
Brahim Boutkhil et Hocine Daoud (ex-sénateurs du RND) représentent le Sénat. Abdenour Graoui et Mohamed Dif (ex-députés du FLN) représentent l'APN. Les deux membres restants, Ismaïl Balit et Faouzya Benguella, représentent respectivement la Cour suprême et le Conseil d'Etat. Le président du Conseil constitutionnel est désigné, selon la loi, pour un mandat unique de six ans.
Les autres membres désignés ou élus remplissent un mandat unique de six ans. Ils sont cependant renouvelés par moitié tous les trois ans. L'interruption du mandat de membre, peut en outre intervenir par suite de décès, démission ou empêchement durable. Dans l'un de ces cas, il est procédé à une délibération, à l'issue de laquelle notification est faite à l'autorité constitutionnelle concernée, selon que le membre intéressé est désigné ou élu.
Dans les circonstances actuelles, c'est le rôle de cette institution dans l'élection présidentielle qui intéresse. Le Conseil constitutionnel intervient à trois niveaux: il valide les candidatures, il statue sur les recours formulés, proclame les résultats et il contrôle les comptes de campagne des candidats à l'élection.
Le président du Conseil constitutionnel, désigne parmi les membres, un ou plusieurs rapporteurs chargés de procéder à la vérification des dossiers de candidatures.
A l'issue de cette opération, le président du Conseil convoque les membres de celui-ci qui se réunit, examine à huis clos le rapport et se prononce sur la validité des candidatures.
Après avoir vérifié la liste des documents produits et s'être assuré que chacun des prétendants remplit effectivement les conditions exigées par la Constitution et l'ordonnance organique relative au régime électoral, la liste des candidats à l'élection présidentielle est arrêtée par décision du Conseil constitutionnel. Elle est notifiée aux intéressés, communiquée aux autorités concernées et transmise au secrétaire général du gouvernement, aux fins de publication au Journal officiel.
L'ordonnance portant loi organique relative au régime électoral prévoit en son article 161, que «dès le dépôt des candidatures, le retrait du candidat ne peut se faire qu'en cas de décès ou d'empêchement légal».
En revanche, lorsque l'un des deux candidats décède, se retire ou est empêché au deuxième tour de l'élection, le Conseil constitutionnel déclare de procéder de nouveau à l'ensemble des opérations électorales. Dans ce cas, le Conseil constitutionnel proroge les délais d'organisation de nouvelles élections pour une durée maximale de 60 jours.
L'expression

mardi 11 mars 2014

Ville des hammadites : Les Béjaouis peu emballés

À quelques semaines de la prochaine élection présidentielle, l’emballement ne semble pas gagner les citoyens à Béjaïa. L’ambiance, qui caractérisait la wilaya à chaque échéance électorale par le passé, n’est pas au rendez-vous cette fois-ci. Hormis l’opération de révision du fichier électoral — et qui entre dans le cadre des préparatifs de cette élection —, rien ne laisse deviner qu’un rendez-vous politique d’une aussi grande importance se profile à l’horizon. Pour beaucoup, les jeux sont faits.  La candidature du Président sortant, Abdelaziz Bouteflika, en dépit d’un lourd handicap, a fermé, selon les citoyens interviewés, cette élection de laquelle il sortira, sans aucun doute, vainqueur. Bien qu’Ali Benflis soit aussi populaire auprès de larges segments de la société, ils sont nombreux à ne pas croire en ses chances. Beaucoup sont échaudés par l’épisode de 2004. Le comité de campagne de l’ancien chef de gouvernement sous Bouteflika était convaincu aussi, il y a 10 années, du triomphe de leur poulain avant de recevoir une douche froide avec à peine 6% de voix. Pourtant, parmi eux, il y a des volontés qui veulent encore croire que cette fois-ci, la victoire n’est pas tout à fait exclue. C’est la candidature de Bouteflika qu’on juge comme un non-sens. Ils sont convaincus comme Lhaouari Addi que c’est Bouteflika qui fera cette fois-ci le lièvre de… Benflis.  L’absence, en outre, sur la ligne de départ d’un Saïd Sadi, que d’aucuns trouvent qu’il a beaucoup mûri depuis sa retraite anticipée, n’est pas faite pour susciter de l’enthousiasme dans cette élection.  Ils sont nombreux à partager son analyse de la situation et de se montrer donc aussi indifférents que lui à cette joute électorale où il n’y aura qu’un seul acteur qui doit affronter son double, comprendre son bilan avec un passif aussi lourd et qu’il faudra des générations avant d’espérer arriver à l’équilibre. Sur le plan social, les Béjaouis souffrent, à l’instar de leurs concitoyens, des autres wilayas, d’où les mouvements sociaux récurrents et qui se traduisent pas la fermeture de routes quasi quotidienne. Les problèmes ne manquent pas. Forcément, une présidentielle ne peut constituer une priorité d’autant que les citoyens sont échaudés par les élections passées qui n’ont pas apporté le changement souhaité. Ils sont préoccupés par les soucis quotidiens, raison pour laquelle ils ont relégué la chose politique au second plan. Yazid, propriétaire d’une agence immobilière, dit ne rien attendre de cette échéance. Selon lui, “le pouvoir a déjà décrédibilisé cette élection et la profusion de candidats à la candidature et leur niveau d’instruction en est le signe manifeste”. Pour lui, “le boycott est de fait à Béjaïa, d’autant plus qu’aucun candidat issu des partis bien implantés dans la région n’est en lice”. Même son de cloche chez Nora, enseignante dans un lycée : “L’élection présidentielle est le dernier de mes soucis. Puisque Bouteflika est candidat, le système sera reconduit et le changement n’est pas pour demain.”

Liberté

Oran : Un électrocardiogramme plat


Pour la plupart des Oranais, la priorité est ailleurs. Elle est dans l’urgence du quotidien, dans l’enfer de la survie et le laisser-aller des responsables locaux.
Évoquer une quelconque ferveur populaire à quelques jours du début de la campagne électorale, c’est comme commenter l’électrocardiogramme d’un mort tant le pouls des Oranais ne bat pas, ou si peu, pour la présidentielle du 17 avril. À Oran, particulièrement, où la chose politique n’est pas une priorité première en soi des habitants, le prochain scrutin fait office de non-événement, surtout depuis que Sellal a annoncé la candidature du Président sortant pour un 4e mandat. Bouteflika dépose son dossier au Conseil constitutionnel.
Pour la plupart des Oranais, la priorité est ailleurs. La sardine à 700 DA le kilogramme, la circulation qui devient algéroise et les vents qui n’en finissent plus de souffler sur une ville envahie par la saleté. La priorité est dans l’urgence du quotidien, dans l’enfer de la survie et le laisser-aller des responsables locaux. Pour les plus politisés, l’élection présidentielle a été vidée de toute sa substance avec la décision du chef de l’État de se représenter. La plupart des avis convergent vers un boycott massif du vote, comme c’est le cas souvent, mais cette fois-ci accompagné d’un sentiment partagé entre déception et désespoir. La température “électorale” de la rue oranaise reste pourtant froide, pour ne pas dire glaciale, et aucun événement politique ne semble pouvoir l’extirper de sa torpeur. Hormis le cercle restreint du microcosme partisan à un 4e mandat, des activistes “électroniques” farouches adversaires à un nouvel quinquennat, les débats sont souvent en aparté et les avis excluant toute publicité.
À Oran, on est loin des manifestations publiques d’Alger et on se contente d’assister en spectateurs à l’évolution des événements. Chacun, pourtant, ne se fait pas prier pour dire ce qu’il pense du scrutin et des candidats en lice. Bouteflika reste au centre de toutes les discussions et nombre d’Oranais ne comprennent pas sa décision de rempiler malgré son état de santé inquiétant. “J’avais vraiment l’intention d’aller voter pour choisir mon président, mais avec la présence de Bouteflika, je ferai l’impasse sur l’élection”, confie Nadjiba, la quarantaine, enseignante dans une université à l’ouest du pays. “Tout est joué d’avance”, ajoutera-t-elle, désabusée. Comme elle, ils sont légion à ne plus nourrir d’illusions, rattrapés par la tournure des événements, même si elle était quelque part prévisible. Pour Samir, cadre dans une entreprise privée à la périphérie de la ville d’Oran, “il est inconcevable pour ces gens de quitter le système”, allant jusqu’à remettre en cause la volonté personnelle de Bouteflika à vouloir se présenter. “Je pense que l’homme est usé par 15 ans d’exercice du pouvoir, d’autant plus diminué par sa maladie. Personnellement, j’ai l’impression qu’il est poussé par le clan pour préserver leurs intérêts”, expliquera-t-il.
Pour Hamid, fonctionnaire à la retraite, “le suspense n’a jamais été de mise tant les deals étaient pris entre toutes les parties influentes du système. Il n’y a pas de divergences au sommet de l’État, croyez en mon expérience”, dira-t-il. Le verbe est amer dans la bouche des Oranais et le constat implacable contre ceux qui concourent à pousser le pays vers le précipice. “De toute façon les jeux sont faits d’avance. Alors, pourquoi aller voter quand on sait que les urnes sont d’ores et déjà bourrées”, semble être le leitmotiv général à Oran.

Liberté

CHLEF : Le pour et le contre de la population locale en attendant… le jour J

Hormis quelques partis politiques, élus APC, APW, députés, sénateurs, syndicalistes UGTA et autres associations, qui mènent déjà une précampagne électorale en faveur de Bouteflika, une grande partie de la population locale que nous avons contactée dans plusieurs communes de la wilaya de Chlef semble, ne pas être entièrement favorable à un
4e mandat pour le Président sortant. “Au moins si c’était lui qui s’adressait à nous. On apprend de ses nouvelles et de ses ambitions et de son avenir politique que de la part de son entourage. Sincèrement, on ne comprend absolument rien de ce qui se passe au sommet de l’État ! Comment voulez-vous alors qu’on le soutienne, comme nous l’avions fait par le passé, pour un 4e mandat ? En tout cas, notre choix en sa faveur reste toujours incertain, et ce, en attendant le jour J qui sera décisif et déterminant pour l’avenir de notre pays”, indiquent des citoyens de diverses couches de la société. “À entendre parler les responsables et à écouter les bilans périodiques de leurs activités qu’ils ne cessent de présenter comme positifs à tous les niveaux, on dirait que tous les problèmes que rencontrent les citoyens ont été entièrement et définitivement résolus. C’est cela qui nous inquiète le plus, et c’est pour cette raison d’ailleurs que nous affichons, en tant que citoyens malheureux, un désintéressement presque total envers cette prochaine présidentielle. Nous en avons vraiment marre de cette situation et des élections qui ne nous ont jamais apporté un plus”, lancent encore d’autres citoyens à ce sujet. Du côté de certains partis politiques qui soutiennent le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, c’est la course contre la montre. Ce sont surtout le RND, le FLN et quelques autres formations politiques qui ont entamé leur précampagne.
Pour ce qui est des comités de soutien pour la candidature de Benflis, créés depuis décembre 2013, des indiscrétions nous ont fait part, par ailleurs, d’un léger recul par rapport au début de leur installation. Mais il nous est impossible de savoir le pourquoi puisque d’après les réponses des concernés, c’est d’un problème interne qu’il s’agit “aucune déclaration à qui que ce soit, c’est top secret en attendant de le traiter entre nous !”.

Liberté

Le citoyen écoute et s’interroge !

Dans la wilaya de Tizi Ouzou, l’élection présidentielle du 17 avril ne suscite pas un intérêt tout particulier auprès de la population, surtout lorsqu’on rappellera que, ces dernières années, la région a toujours manifesté un certain désintéressement pour les échéances électorales dans la mesure où les citoyens ne croient malheureusement pas trop à la crédibilité des urnes. Dans une wilaya où le RCD a, rappelons-le, déjà rejeté cette présidentielle dans le fond et dans la forme, alors que le FFS reste toujours muré dans une position mitigée, les deux partis traditionnellement alliés au pouvoir, en l’occurrence le FLN et le RND, eux, affichent ouvertement leur préférence pour la reconduction d’Abdelaziz Bouteflika, alors que les militants du Parti des travailleurs cautionnent évidemment la candidature de leur présidente Louisa Hanoune. Et pour cause, les cadres du FLN et ceux du RND ont bien mené leur campagne de recueil de signatures au profit du candidat Bouteflika. Au bureau de wilaya du RND, le dossier a été ficelé en quelques jours déjà et, selon Me Belgacem Azwaw, député et cadre bien connu du RND dans la wilaya de Tizi Ouzou, la liste définitive des signatures recueillies au profit de Bouteflika comprend 113 signatures d’élus et plus de 6 000 signatures de militants du RND et de citoyens de tous bords. Au sein du directoire de campagne de Tizi Ouzou du candidat indépendant, Ali Benflis, les partisans de ce dernier ont affirmé que “la collecte des signatures a réuni quelque
181 signatures d’élus de diverses tendances politiques auxquelles il faut ajouter celles de 8 175 citoyens”, tout en dénonçant haut et fort “le parti pris du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a déjà transgressé les règles de neutralité en tant que président de la Commission nationale de préparation de l’élection présidentielle”. De son côté, le mouhafedh du FLN de Tizi Ouzou, Saïd Lakhdari, a affirmé que “l’opération de collecte des signatures a dépassé nos espérances puisque nous avons enregistré, en l’espace de quelques jours, 162 signatures d’élus dont une vingtaine d’élus dépendant d’autres partis politiques et quelque 9 360 signatures de militants du FLN et de simples citoyens”.
Et si le ministère de l’Intérieur a déjà décidé d’interdire toute manifestation ou simple rassemblement des partisans du boycott, le RCD semble déterminé à outrepasser cette interdiction pour occuper la rue durant la prochaine campagne électorale, et se réserver, ainsi, le droit d’exprimer publiquement sa position de rejet de cette présidentielle. En attendant, le simple citoyen écoute et s’interroge sur une élection qui est la dernière de ses préoccupations, lui qui est surtout ballotté entre la cherté de la vie, l’insécurité ambiante et la dégradation du cadre de vie, qui laissent augurer des lendemains obscurs et, en tout cas, très peu réjouissants.

Liberté