jeudi 5 décembre 2013

En prévision de la présidentielle 2014 : Le dispositif de Benflis se met en place

Naissance massive à travers le territoire national et à l’étranger de comités de soutien à Ali Benflis en vue de la présidentielle 2014, notamment parmi les jeunes. Un proche de l’ancien candidat à la présidentielle 2004 affirme que d’importantes personnalités politiques se sont déjà engagées. Parmi celles-ci, d’anciens chefs de gouvernement, d’ex-ministres et même l’ancien chef d’Etat, Liamine Zeroual, n’attendent que sa déclaration officielle pour lui porter un soutien actif.
Des comités de soutien sont constitués dans toutes les wilayas, des appels à la déclaration officielle de sa candidature fusent des quatre coins du pays : «C’est un extraordinaire élan d’adhésion au projet de l’ancien chef de gouvernement et ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Ali Benflis.» Existe-t-il une structure au niveau central derrière toute cette mobilisation, ou s’agit-il d’un mouvement spontané ? Un proche collaborateur du candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2004 affirme que la mobilisation citoyenne n’est pas suscitée par une quelconque structure centralisée, mais par un travail de dix années entières fait par Ali Benflis.
«Il a entretenu des relations profondes avec la société civile et les militants de base de son parti», indique notre interlocuteur, qui précise par ailleurs que même au sein du comité central, il compte de nombreux soutiens parmi les membres des réseaux dormants qui ont activé discrètement pour lui. «En sa qualité de juriste, d’ancien bâtonnier et d’ancien magistrat, Ali Benflis a entretenu des relations avec le monde du droit, il a des relais partout», indique encore son proche collaborateur. Sur le terrain, il est vrai que plusieurs anciens fidèles de l’ancien chef de gouvernement – Mansour Kdidir, Azi Benthabet, Abas Mikhalif, Abdelkader Salat, Abdelkader Zidouk – sont toujours opérationnels, «mais les plus actifs ce sont les jeunes, le mouvement associatif, des cadres, des médecins et des avocats, enfin tous les corps de métier».
Après Saïda, Oran, Mostaganem, Masacara, Bel Abbès, Béchar, Tlemcen et d’autres wilayas de l’Ouest, des comités de soutien sont en train de naître comme des champignons. Samedi dernier, pas moins de 600 personnes se sont rassemblées à Tizi Ouzou pour réclamer la candidature de Ali Benflis. A Béjaïa, ce dernier peut compter sur un réseau de soutien très actif où l’on trouve des sympathisants de divers horizons. A Sétif, Laghouat, Médéa, M’sila, Annaba et Tipasa, des militants du FLN, du mouvement associatif et des sympathisants appellent l’ancien magistrat à déclarer officiellement sa candidature, cela au moment, soutient notre source, où tous les quartiers d’Alger, la capitale, se mobilisent pour porter le candidat Ali Benflis. Selon ses proches, ce dernier «impose une rigueur et une discipline sans faille à ses partisans en leur demandant d’élever le niveau du débat politique, de ne jamais tomber dans des querelles personnelles, ne jamais attaquer des personnes quelles qu’elles soient». «Le candidat Benflis, précise notre source, est un rassembleur, il servira le pays sans rancœur.»

«Élevez le niveau du débat politique»

La naissance massive des comités de soutien aux quatre coins du pays se fait parallèlement à la mise en place de réseaux de soutien à l’étranger, dans la plupart des pays de l’Europe occidentale et en Amérique du Nord, où la communauté algérienne est fortement présente. Les principaux animateurs de ces comités, indique notre source, sont des cadres algériens ayant quitté le pays ces dernières années. Par ailleurs, de larges pans de la classe politique s’apprêteraient à proclamer leur soutien à l’ancien magistrat, une fois sa déclaration de candidature officialisée. Pas seulement.
D’importantes personnalités politiques, parmi elles d’anciens chefs de gouvernement, d’ex-ministres ainsi que l’ancien chef de l’Etat, Liamine Zeroual, n’attendraient que sa sortie solennelle. Et il ne tarderait pas, selon nos informations, à annoncer officiellement son engagement dans l’élection présidentielle. Ses proches collaborateurs la prévoient pour la troisième semaine du mois en cours.
Ali Benflis ne lie pas sa déclaration officielle de candidature à celle du chef de l’Etat sortant. Peu importe si Bouteflika se présente pour un quatrième mandat, «Ali Benflis est plus que jamais décidé, affirme un de ses proches collaborateurs, à prendre part à l’élection présidentielle de 2014». «Très serein», dit notre source, «l’ancien chef de gouvernement est très convaincu de l’adhésion des Algériens à son projet». Ce n’est qu’après la déclaration officielle de sa candidature qu’il passera à la structuration de ses comités de soutien qui essaiment tout le territoire national, soutient notre source, en affirmant que dans certaines villes il y a vingt comités de soutien. Il faudra organiser tout cela, précise un proche collaborateur de Ali Benflis, ce sera très prochainement et minutieusement mis en place. Notre interlocuteur parle déjà de la création de coordinations de wilaya composées d’un coordinateur, d’un animateur des réseaux FLN, d’un chargé de communication qui répercutera les messages et le discours du candidat et d’autres responsables dont on n’a pas encore défini les tâches. L’organisation en forme pyramidale descendant du niveau de la wilaya à la daïra puis à la commune, au quartier et au village.
 
EL WATAN

lundi 2 décembre 2013

L'idée d'un renvoi de la révion de la constitution á l'après présidentielle enregistre des nouveaux partis


L’idée du renvoi de la révision constitutionnelle pour après la présidentielle d’avril prochain est entrain de faire son bonhomme de chemin dans la classe politique. Depuis plusieurs mois, des partis, chacun son argument, revendiquaient ce report, sans trouver d’écho favorable au niveau des responsables officiels.
A l’occasion de la dernière réunion du Comité central du FLN, Amar Saâdani avait même pressé le président Bouteflika de « lancer la révision de la Constitution ». Mais au niveau du pouvoir, on donne l’impression d’avoir abandonné le projet, faute de temps. Amara Benyounes, un des soutiens inconditionnels pour un quatrième mandat du président Bouteflika a, en quelque sorte, ouvert la brèche à ce report.
« Je crois que la révision de la Constitution interviendra après l’élection présidentielle » avait-il déclaré jeudi sur la chaine française France 24. Il ajoutera par simple précaution oratoire qu’il ne s’agit pas d’une information mais d’une « analyse personnelle ». Mas vu sa proximité avec Said Bouteflika, les observateurs ont compris que dans l’entourage du président l’idée est déjà actée et que le ministre de l’Industrie étaient chargé de fuiter volontairement l’information.
Curieusement, le responsable de la communication du FLN, Said Bouhadja a vite fait de relayer « l’analyse » de Benyounes, la trouvant même « intéressante ». C’est un signe qui ne trompe pas et certainement dans les tout prochains jours, le report sera officiellement annoncé.
Aujourd’hui une dizaine de partis politiques du groupe dit « pôle national » ont abondé dans le même sens. Lors de leur réunion à Chéraga il a été recommandé de réviser la Constitution après l’élection présidentielle. Recommandée aussi la mise en place d’une commission nationale indépendante pour l’organisation de l’ensemble des opérations électorales.
Intervenant lors des débats de cette réunion, le président du parti El Infitah, Omar Bouacha, a expliqué que “compte tenu de l’échéance présidentielle qui se tiendra au printemps 2014, il ne reste pas suffisamment de temps pour la révision de la Constitution”. Dans ce sens, la présidente du Mouvement de la jeunesses démocratique, Mahjoubi Chalabia, a émis le vœu, au même titre que les autres partis du “pôle national” que la future Constitution soit “moderne et adaptée aux nouvelles exigences de la société algérienne”.
Pour ce qui est de la deuxième suggestion, consistant en la mise en place d’une “commission nationale indépendante chargée de l’organisation des élections”, le président du Parti national pour la solidarité et le développement, Mohamed-Cherif Taleb, a proposé de “fusionner la commission de supervision des élections, constituée de magistrats et la commission nationale indépendante de surveillance des élections, constituée de partis et personnalités politiques.
Se “démarquant” des partis du “groupe des 19, qui avait dernièrement appelé à la création d’une commission indépendante de l’Administration pour l’organisation de la présidentielle, les formations politiques du “pôle national” ont, en outre, “mis en garde contre l’utilisation de la religion à des fins politiques”, insistant sur “la stabilité du pays”.
En tous cas, ces partis dont le poids est insignifiant sur la scène politique, donnent en revanche un peu plus de poids à l’idée du renvoi. Le chantier est d’autant plus probable que les amendements projetés, notamment la création du poste de vice président, peuvent bien intervenir après la présidentielle.Et le président élu aura toute la latitude choisir son vice président.

Algérie 1

dimanche 1 décembre 2013

ELECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2014 : Ça bouge du côté de Benflis

Ça bouge du côté de Benflis
Ali Benflis aurait décidé d'annoncer sa candidature au lendemain de la convocation du corps électoral qui interviendra avant le 9 janvier 2014.
Au fur et à mesure que l'élection présidentielle d'avril 2014 approche, les comités de soutien à la candidature de l'ancien chef de gouvernement et ancien secrétaire général du FLN, Ali Benflis, se multiplient. Un peu partout dans le pays et même à l'étranger, ces comités pressent M.Benflis d'annoncer sa candidature.
Hier, la Coordination nationale des associations et de la société civile de soutien à Benflis a rendu public un communiqué dans lequel elle appelle l'ancien candidat à la présidentielle de 2004 de se lancer dans la course à la magistrature suprême.
Selon le président de cette coordination, Djamel Merouane, la décision de soutenir Ali Benflis a été prise, il y a trois jours, à l'issue d'une réunion qui s'est tenue à la Casbah (Alger). Il ajoute que près de 200 personnes représentant 18 organisations de la société civile et d'autres observateurs ont pris part à cette réunion.
«Nous allons installer d'autres comités de soutien à la candidature à Benflis dans toutes les wilayas et communes de l'Algérie», a-t-il annoncé, prévoyant que l'ancien chef de gouvernement annoncera sa candidature le mois de décembre prochain. Un autre communiqué, parvenu à la rédaction hier, signé par le même Djamel Merouane, annonce un rassemblement au niveau de la salle des fêtes Mimosa de Tizi Ouzou, samedi prochain. Ce rassemblement sera sanctionné par un appel solennel à M.Benflis pour se porter candidat à la prochaine échéance électorale. Plusieurs autres comités de soutien sont déjà installés dans différentes wilayas du pays. A Bouira, à Sétif, à El Tarf, Jijel, à Oran...des réunions publiques ont été organisées pour appeler le candidat malheureux à la présidentielle de 2004 à sortir de son mutisme et annoncer sa candidature. Ainsi, on assiste à une accélération de l'installation d'un décor préalable à l'annonce de la candidature de Benflis. Avec l'annonce de la candidature de Bouteflika à un quatrième mandat, l'on se dirige droit vers la réédition du scénario de la présidentielle de 2004.
Benflis bénéficie aussi du soutien de certains partis politiques et de plusieurs cadres du FLN qui n'attendent que le moment opportun pour sortir des bois. Plus de la moitié des membres du bureau politique du parti, qui en compte 15, sont de fervents partisans de Benflis en 2004. On apprend aussi que des militants du FLN de la wilaya de Saïda ont annoncé leur soutien public à Benflis.
Cela se passe alors que l'ancien chef de gouvernement sous Bouteflika garde toujours le silence. Il temporise et fait perdurer le suspense. Cette posture est-elle dictée par la ressemblance du contexte et des conditions de déroulement de la présidentielle de 2004? Ou bien l'indécision de Bouteflika et son incertitude quant à son avenir politique sont-elles à l'origine de l'attente de Benflis? Ou plutôt, attend-il pour voir plus clair tant le flou qui entoure la prochaine échéance est total?
En tout état de cause, des proches de M. Benflis ont fait part de son intention de se présenter à l'élection présidentielle quelles qu'en soient les conditions. Sa candidature est de ce fait attendue pour les prochaines semaines. Selon certaines sources, Ali Benflis aurait décidé d'annoncer sa candidature au lendemain de la convocation du corps électoral qui interviendra avant le 9 janvier 2014.

L'EXPRESSION

Mokrane Aït Larbi : “Pour 2014, les jeux sont faits”

Liberté : Nous sommes à quelque chose près de quatre mois de l’élection présidentielle d'avril prochain. Les candidats, les vrais, tardent à se manifester, sachant que, dans les grandes démocraties, les candidats sont généralement connus longtemps avant l'échéance. À votre avis, cette situation est-elle normale ? Pourquoi les vrais candidats hésitent-ils ?
Mokrane Aït Larbi : Il n’y a pas de comparaison possible entre les grandes démocraties dont vous parlez et l’Algérie. Dans ces démocraties, les élections se jouent entre deux grandes familles politiques et généralement entre deux personnalités. Le système dans ces pays permet aussi à des personnalités de se présenter pour faire avancer des idées au premier tour et lancer un appel en faveur de l’un des deux candidats au deuxième tour. Les jeux sont clairs et le dernier mot revient au peuple souverain. En Algérie, il y a un candidat, accepté par le système, qui sera proclamé président, et quelques candidats sollicités par le pouvoir pour faire croire à une élection présidentielle pluraliste. Quant à ce que vous appelez les vrais candidats, chacun d’eux attend son tour pour être le candidat, donc le président. Il faut souligner que l’élection de 1999 a dérogé à cette règle par la candidature de personnalités charismatiques, telles que Taleb Ahmed Ibrahimi, Hocine Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche et Abdelaziz Bouteflika, mais le retrait de tous les candidats a ouvert les portes du palais présidentiel à ce dernier.

Un groupe de personnalités et de partis viennent de signer un appel pour demander la mise en place d'une commission indépendante du gouvernement pour suivre le processus électoral dans ses différentes étapes. Appuyez-vous une telle revendication ? Le pouvoir peut-il y répondre favorablement ?
La préparation des élections par l’opposition commence le lendemain de l’élection précédente. Mais dans notre pays, on laisse la voie libre au pouvoir pendant cinq années et à quelques mois d’une échéance, on commence à enchaîner les déclarations, organiser des réunions et faire des propositions. Par ailleurs, je ne suis ni pour ni contre la mise en place d’une commission indépendante pour suivre les élections. Mais il faut rappeler qu’il y a eu des commissions dites indépendantes pour enquêter sur l’assassinat du président Mohamed Boudiaf et le Printemps noir et tout le monde a constaté “l’indépendance” de ces commissions. C’est une bonne chose de sortir d’un grand silence à la veille d’une élection pour exister, mais pour 2014, les jeux sont faits. Mieux vaut, pour les personnalités et les partis que vous citez, commencer à se préparer dès maintenant pour les législatives en cas de dissolution de l’Assemblée nationale après avril 2014, et pour l’élection présidentielle de 2019 que se focaliser sur une élection dont les résultats sont connus d’avance, et ce n’est qu’une continuité.

Le nouveau patron du FLN a appelé le président Bouteflika à procéder “rapidement” à la révision de la Constitution. Cette révision est-elle politiquement et moralement envisageable à quelques mois de la présidentielle, sachant qu’on ne change pas les régles du jeu au moment de débuter la partie ?
Le problème ne réside pas dans la révision de la Constitution avant ou après avril 2014, mais dans le système électoral qui impose par tous les moyens le candidat du système et qui ne laisse aucune chance à l’alternance. La Constitution actuelle permet au président de la République de proposer des amendements en fonction de sa conception et de sa volonté en dehors de tout débat public ou parlementaire. La révision de la Constitution est une question secondaire.
Liberté

Mohcine Belabbas (RCD) : “Le flou autour de la présidentielle est entretenu”


“Il y a un flou total et une grande opacité. Mais ce n’est pas nouveau. Le flou et l’opacité ne sont qu’un outil, une stratégie du pouvoir. Ils font en sorte qu’il n’y ait pas de visibilité jusqu’à la dernière minute. Plus cette situation de flou perdure, plus les dirigeants assurent leur maintien au pouvoir”, analyse le président du RCD, joint hier par téléphone. Et face à un tel brouillard, il est “logique et normal”, estime M. Belabbas, que “les candidats ne se bousculent pas pour annoncer leur entrée en lice”. “Tant que les règles du jeu ne sont pas claires et tant que le pouvoir maintient son refus quant à l’installation d’une commission indépendante pour la gestion des élections, il est très difficile pour un candidat crédible de s’engager dans une telle compétition”, explique-t-il. Qui porte le chapeau d’une telle situation ? “C’est tout le système. Bouteflika n’a rien ramené de plus. C’est toujours ainsi et depuis toujours”, répond M. Belbbas. Le RCD a-t-il bon espoir que les choses évoluent positivement ? “Tout dépend de la classe politique en général. Si on arrive à se mobiliser pour que les élections se tiennent dans des conditions acceptées par tout le monde, il y a moyen de relancer l’espoir. Mais si les élections se déroulent dans les mêmes conditions que celles d’avant et si, en plus, le pouvoir impose une nouvelle Constitution au peuple algérien, une grave crise menace alors le pays”, rétorque M. Belabbas qui ne s’est pas privé de saluer l’initiative des 19 partis et personnalités qui travaillent pour la mise en place des conditions d’une compétition loyale lors des prochaines joutes électorales. “Le plus important à relever est que des partis discutent pour aller vers une proposition consensuelle sur les conditions du déroulement des élections, car on ne peut pas parler d’une compétition sans parler des conditions de la compétition elle-même. Une vingtaine de partis demande à ce que le ministère de l’Intérieur soit dessaisi de l’organisation des élections”, se félicite-t-il.

Sofiane Djillali (Jil Jadid) : “Personne n’est prêt à jouer le décor”
“Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas plus de candidats déclarés, d’autant plus que potentiellement, il y a des personnalités qui peuvent prétendre à la présidence”, assure-t-il. La raison ? “Le problème vient de l’opacité d’une situation et du forcing du clan présidentiel pour un 4e mandat. Il est entendu que si le président de la République s’engage dans la course, le jeu sera fermé. Donc, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune garantie que les élections seront honnêtes. C’est ce qui explique l’hésitation des candidats”, explique-t-il. Cette raréfaction de candidatures n’agrée pas beaucoup Sofiane Djillali, qui escompte un grand nombre de postulants pour empêcher le pouvoir d’agir à sa guise et de mettre en œuvre ses plans. “Le problème, c’est que cela fait le jeu du pouvoir. Il aurait été préférable, de notre point de vue, qu’un maximum de candidats se déclarent pour faire pression sur le pouvoir, et l’empêcher de triturer encore une fois la Constitution et d’installer une dynastie”, estime-t-il, avant de se reprendre : “Le nombre de candidats n’est pas un problème, c’est l’honnêteté des élections qui est en cause.” Ne voulant pas insulter l’avenir, le président de Jil Jadid dit espérer un ressaisissement de l’actuel locataire du palais d’El-Mouradia pour renoncer à son projet de présidence à vie : “J’espère que le Président revient à la sagesse, qu’il convoque le corps électoral et qu’il annonce aux Algériens qu’il sera au-dessus des enjeux, et s’engage à parrainer une élection sans triche et se retire ensuite avec le minimum de dégâts pour le pays et pour lui.”
Liberté

Il entretient le mystère sur ses intentions : Bouteflika : ira, ira pas ?


Un président de la République peut-il être élu par procuration ? Dans l’absolu, assurément pas. Pourtant, l’on s’achemine doucement vers la mise en scène de ce scénario si l’option du quatrième mandat ne se contredit pas par un coup de théâtre inopiné, telle une sortie médiatique de M. Bouteflika pour annoncer son intention de ne pas se présenter à la présidentielle de 2014.
Évidemment, il est peu probable, eu égard aux développements survenus ces dernières semaines sur la scène politique, dont principalement la conglomération de plusieurs partis politiques (FLN, RND, TAJ, PRA, MPA…) autour de la reconduction du président Bouteflika à la plus haute fonction dans les commandements de l’État, que le scrutin du printemps prochain donne un résultat autre que celui pronostiqué ou plutôt finement suggéré par les relais des arcanes du pouvoir. Il n’en demeure pas moins que, cette fois-ci, le quatrième mandat s’annonce davantage comme un coup de force qui défie autant le destin d’une nation que celui de l’homme.
Déjà, la machine électorale mise au service de la réélection de M. Bouteflika à la magistrature suprême semble bien chancelante. Le FLN ne peut objectivement légitimer la démarche avec un secrétaire général élu à la hussarde et toujours contesté par une fraction importante du vivier militant du parti. Il n’est pas logique non plus que le RND apporte en grande fanfare sa caution au quatrième mandat par la voix d’un secrétaire général intérimaire, fut-il le président du Conseil de la nation, et donc, deuxième personnage de l’État au plan constitutionnel. La future direction du rassemblement, plus habilitée à entériner ce type de décisions, car élue par le 4e congrès prévu pour les 24 et 25 décembre prochain, se prévaudra peut-être d’une position politique différente vis-à-vis de la prochaine élection présidentielle. Le PRA est en proie à une crise interne aiguë. Le Taj et le MPA sont des partis en construction dont on ne connaît pas encore l’ancrage réel dans la population. Sur quelle base électorale s’appuieront, de ce fait, les artisans d’un énième quinquennat pour le président Bouteflika pour valider ce ticket supposé gagnant ? D’autant que, jusqu’alors, les arguments avancés, çà et là, et bâtis autour de “la préservation de la stabilité par la continuité”, ne sont pas si convaincants. L’on peut concéder, par souci d’honnêteté, que durant les quinze dernières années, des programmes de développement économiques ambitieux ont été initiés. Leur mise en œuvre a, néanmoins, accusé des retards considérables et a consommé des budgets hallucinants. L’image de l’Algérie est ternie, par ailleurs, par les scandales liés à la corruption, à l’instar de l’affaire Khalifa et de celle de Sonatrach, pour ne citer que les deux cas les plus édifiants, par l’archaïsme de l’administration centrale et de proximité, par la baisse du niveau de l’enseignement, par la dévaluation du dinar, par le sinistre du système de santé, etc. Pourquoi insister alors pour continuer dans une voie qui a montré, certes, du bon, mais aussi beaucoup de mauvais ?  Au-delà, il faut reconnaître qu’Abdelaziz Bouteflika a brillé dans les années 1960/70 par son intelligence, son charisme et sa maîtrise de l’art de la diplomatie étrangère. Son retour aux affaires de l’État, en 1999, a montré aussi un homme possédant une forte personnalité, un dynamisme impressionnant et un verbe acerbe. Si le choix porté, à l’époque, sur sa personne pour remplacer Liamine Zeroual à la tête du pays, se justifiait par des impératifs qui échappent, jusqu’à présent, au raisonnement du commun des citoyens, pourquoi miser encore aujourd’hui sur un homme âgé et malade ? Du plus jeune ministre des Affaires étrangères en 1963, Abdelaziz Bouteflika est en voie de devenir, s’il est réélu en 2014, l’un des chefs de l’État les plus âgés en Afrique (le doyen étant Robert Mugabe, président du Zimbabwe à l’âge de… 89 ans). Sinon, la tendance mondiale est au rajeunissement du personnel investi des fonctions suprêmes de l’État.
À ce titre, les exemples foisonnent : Barak Obama, président des États-Unis, a 52 ans ; son homologue français, François Hollande, a 59 ans. Pena Nieto, président du Mexique, et Mohamed VI, roi du Maroc, n’ont pas encore atteint le cap de la cinquantaine (respectivement 47 et 49 ans). Cristina Kirchner d’Argentine, Dianel Ortega du Nicaragua, Hassan Rouhani d’Iran, Dilma Roussef présidente du Brésil… flirtent à peine avec les  60 ans. Indépendamment de l’âge, l’état de santé du président Bouteflika lui permet-il de se conformer aux obligations d’une candidature à la présidentielle, lesquelles sont imposées par la morale et le respect dus à l’électorat davantage que par les lois ? Tout postulant à la magistrature suprême est astreint, selon les usages, d’annoncer lui-même son intention de ce mettre en lice pour la présidentielle. Aux échéances règlementaires, il est tenu de déposer son dossier de candidature au Conseil constitutionnel. Il doit également animer les 21 jours de la campagne électorale. L’heureux élu est soumis à la condition constitutionnelle de prêter serment le jour de son investiture… En la matière, la liste des obligations est longue. Le chef de l’État, fortement éprouvé par son accident vasculaire, a-t-il récupéré assez de capacités physiques pour faire face, à courte échéance, aux contraintes préalables à la réalisation du quatrième mandat ? Difficile à dire, dès lors que ses apparitions publiques sont circonscrites, depuis bientôt une année, à quelques sporadiques audiences de courtoisie.

Liberté

À quatre mois de l’échéance électorale : Présidentielle 2014 : comment et avec qui ?


S’achemine-t-on vers une élection fermée, jouée d’avance, avec une reconduction de Bouteflika ? Ou ira-t-on vers une élection ouverte avec plusieurs candidats ? Et qui seront-ils ?
Bien malin celui qui pourrait prédire les conditions de déroulement de la prochaine élection présidentielle. À quatre mois du scrutin et à un mois et demi seulement de la convocation du corps électoral, rien n’indique que l’Algérie est à la veille d’une grande échéance électorale.
Un rendez-vous qui pourrait être historique dans la mesure où on pourrait assister, si le scrutin se déroule selon les règles universelles de transparence, à l’arrivée au plus haut sommet de l’État d’un homme issu de la génération d’après-guerre. Mais à ce jour, on s’évertue encore à spéculer sur une hypothétique candidature de Bouteflika ou sur l’identité des postulants. En somme, c’est le grand flou artistique. Seule certitude, pour l’heure : l’élection se tiendra à échéance, comme réitéré par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz. Pour autant, s’achemine-t-on vers une élection fermée, jouée d’avance, avec une reconduction du président sortant qu’auront à accompagner, pour sauver la façade démocratique, quelques lièvres et dont l’essentiel sera puisé dans la cour des courtisans ? Ou alors ira-ton vers une élection ouverte avec plusieurs candidatures ? Et qui seront-elles ? Bouteflika, qui semble tenir en haleine courtisans et adversaires, entretient encore le mystère sur ses intentions, en dépit des exhortations du FLN et du soutien que lui affichent ostensiblement l’UGTA et d’autres organisations satellites du pouvoir. Alors que les potentiels candidats qu’on présente, à tort ou à raison, comme des poids lourds, à l’image d’Ali Benflis, Mouloud Hamrouche ou encore Saïd Sadi, se murent dans le silence, quatre postulants ont déjà annoncé leur ambition de briguer la magistrature suprême.
Il y a cet obscur de Rachid Nekkaz. Né en France en 1972, il est un cas atypique. C’est parce qu’il a essuyé des échecs politiques en France qu’il veut, de guerre lasse, tenter sa chance en Algérie. Candidat à l’élection présidentielle française de 2007, il n’avait pas pu réunir les parrainages nécessaires, alors qu’en 2012, devenu socialiste entre-temps, il a échoué aux primaires. En 2013, celui qui s’autoproclame “candidat de la jeunesse et du changement” et qui s’est engagé à payer les amendes des femmes voilées, fait les choux gras de la presse parisienne en n’obtenant aucune voix lors des élections législatives partielles. Il y a aussi l’ex-ministre, Ali Benouari, aujourd’hui établi en Suisse. Ancien ministre du Trésor, Benouari, convaincu que Bouteflika ne se représentera pas en raison de sa santé chancelante, se présente comme un libéral.
Ali Benouari veut “pouvoir parler liberté aux Algériens, quelque chose qu'ils n'ont pas l'habitude d'entendre” dans un pays où “la fraude électorale s'est durablement implantée” depuis l'époque coloniale, disait-il récemment à Paris où il a présenté son programme. “Le problème numéro un de la société algérienne est l'étouffement des libertés : de conscience, de croire ou de ne pas croire, de commerce…”. Autre candidat : le romancier Yasmina Khadra qui, alors que personne ne l’attendait sur ce terrain, s’est déclaré partant pour la présidentielle lors de son récent passage au Forum de Liberté. Ancien n°2 du PRA, Soufiane Djilali, après une longue éclipse, est revenu ces dernières années au-devant de la scène grâce à un parti qu’il a créé, Jil Jadid, et aspire lui aussi à accéder à la magistrature suprême. Depuis quelques mois, il multiplie les sorties sur le terrain et dans les médias, développant un discours résolument hostile à Bouteflika. Il y a, enfin, l’ex-Chef de gouvernement Ahmed Benbitour, le premier à avoir annoncé son désir d’être de la course. Handicapé par l’absence d’une structure politique, Benbitour tente tant bien que mal de se présenter comme alternative. Mais si ces candidats déclarés semblent plutôt en quête d’envergure, le silence des ex-candidats, comme Sadi, Hanoune, Hamrouche, Benflis est révélateur de l’absence de visibilité politique. Ce qui signifie, en d’autres termes, que les règles d’une compétition saine ne sont pas encore réunies, aux yeux de nombre de postulants potentiels et les garanties données par les autorités ne chassent pas encore les doutes

Liberté