mercredi 8 janvier 2014

Présidentielle 2014 : L’Algérie se laissera-t-elle tenter par le libéralisme ?

 
 
Seul candidat à la l’élection présidentielle proche des idées libérales, Ali Benouari se dit “très heureux si les autres candidats pillent son programme pour s’en inspirer” et libéraliser l’économie de l’Algérie. 
Dans quelques semaines, l’élection présidentielle de 2014 va entrer dans sa phase décisive avec l’entrée en lice des “poids lourds” politiques. Il est donc  encore temps pour quelques jours – avant que la seule partie proprement démocratique de cet exercice électoral ne s’efface devant le “consensus” attendu au sein des cercles dirigeants – de parler de ces  “petits candidats”, qui ont tenté d’animer la pré-campagne qui s’est développée depuis quelques mois.  La candidature à la Présidence de la République de Ali Benouari que nous avons rencontré voici quelques jours, a, de son propre aveu, avant tout un caractère “pédagogique”. Il s’agit pour lui d’une “prise de parole” qui constitue une opportunité unique  : “La posture présidentielle permet de poser les problèmes a un haut niveau”. Ali Benouari sera d’ailleurs “très heureux si les autres candidats pillent son programme pour s’en inspirer”. Il n’aime pas beaucoup, non sans quelques raisons, qu’on le considère comme un candidat de la diaspora de plus. Il a entamé sa carrière professionnelle à la Banque d’Algérie avant de tenter l’aventure de l’émigration en Suisse et de revenir à 2 reprises en Algérie dans des circonstances marquantes. La première comme ministre du Trésor dans le gouvernement de Réda Malek qui lui a déclaré : “vous m’avez convaincu” au terme d’une réunion ministérielle qui devait décidé du rééchelonnement de la dette extérieure algérienne dont il était ,au début des années 90,l’avocat le plus fervent. Son deuxième retours en Algérie  lui a permis de créer, au titre d’actionnaire et de dirigeant, la première banque privée du pays en association avec un partenaire comme  la Société Générale ; ce qui renseigne surement  sur son degré de crédibilité.
2014 ou l’élection de la dernière chance
Ali Benouari en est convaincu, l’élection de 2014 est celle de la dernière chance. A l’image aujourd’hui de beaucoup d’économistes ou de cercles de réflexion nationaux, il dénonce dans des termes véhéments une “gouvernance catastrophique” qui a bénéficié de ressources financières considérables : “plus que tout l’or du Pérou ou de la Californie”, en exploitant de façon effrénée les gisements d’hydrocarbures du pays pour un résultat dérisoire. “Le sentiment de mal vie prédomine et pousse la jeunesse à vouloir émigrer”. Le malaise est collectif au delà même de ‘la réalité objective qui est celle d’un niveau de vie plutôt plus élevé en moyenne que celui des pays voisins”. Le candidat Benouari  veut  dramatiser les enjeux de la prochaine présidentielle. En dix ans, on est passé de 10 milliards de dollars d’importations à 70 milliards aujourd’hui. “Aucun pays au monde ne peut se permettre une telle évolution”. Il  avertit, à contre courant de la propagande officielle qui mise sur la permanence  de la rente : “en 2019 compte tenu de l’évolution de la consommation interne et de la baisse tendancielle de la production d’hydrocarbures, on aura plus rien à exporter !”.
Pour une Deuxième République
Au delà du diagnostic qui a déjà commencé à gagner beaucoup de terrain : “les économistes ont en gros fait leur travail” assure Benouari, la principale originalité de la candidature de celui qui se présente comme un “faux émigré” est dans le caractère volontairement radical d’un  programme de rupture. Ali Benouari propose carrément de “tout reprendre depuis le début”. Rien ne sert d’incriminer tel ou tel dirigeant, il faut revoir l’ensemble du système de gouvernance de fond en comble. A la différence de certains de ses pairs en Algérie, l’expert financier ne croit pas  à la possibilité d’une réforme limitée à la seule sphère économique. La première étape est “une réforme politique et institutionnelle sans laquelle on ne peut rien faire. Nous sommes dans le temps du printemps arabe qui gagnera l’Algérie qu’on le veuille ou non”. Le pays a besoin d’une série de réformes politiques qui assureront en quelques années “une transition douce et pacifique”. Au menu : une nouvelle constitution qui assurera une séparation effective des pouvoirs, grâce à un régime parlementaire, une large décentralisation, des magistrats élus et en bout de course une “Deuxième République”.
“Pas d’économie émergente sans les outils d’une économie émergente”
Le programme économique de Benouari est de la même veine radicale. Le candidat algéro-suisse est en réalité fasciné par le modèle… turc. Pour lui : “C’est Turgut OZAL qui a fait dans les années 1980 les réformes décisives qui ont transformé un pays encore pauvre en membre du G20″. L’Algérie dispose des atouts pour suivre le même chemin à condition de faire les choix devant lesquels elle recule depuis plus de 20 ans. Le pays ne peut pas “accéder au statut d’économie émergente sans se douter des outils d’une économie émergente. Il doit d’abord  utiliser le puissant  levier d’une réforme monétaire  basée sur un nouveau dinar totalement convertible “qui vaudra environ un euro” et dont la valeur sera fixée à 100 anciens dinars”. Sur ce chapitre, fidèle à des convictions qu’il défend de manière un peu solitaire depuis près de deux décennies, Ali Benouari affirme que nous sommes aujourd’hui, avec une convertibilité partielle du dinar, “au milieu du gué et qu’il faut passer le plus vite possible de l’autre coté”. Pour lui, la situation actuelle combine tous les inconvénients de la convertibilité sans aucun de ses avantages notamment en matière d’attractivité de l’économie algérienne pour les investisseurs.
Le levier est aussi celui d’une profonde réforme  fiscale qui passe notamment par une “flat tax” uniforme de 10% sur tous les revenus des contribuables (en dehors du secteur des hydrocarbures) quelque soit leur statut de personnes physique ou morales. Les revenus les plus faibles seront exonérés d’impôts. Une réforme de la fiscalité locale permettra en outre d’affecter des ressources autonomes aux communes.
La coloration à première vue “ultralibérale” de ce programme économique est en réalité fortement teintée de dirigisme. Une planification indicative à long terme, sur 15 à 20 ans , doit être relayée par des plans sectoriels à moyen terme qui seront des feuilles de routes pour les départements ministériels. Le suivi sera assuré  par un ministère de la planification. Les instruments financiers d’une nouvelle ambition industrielle ne manqueront pas avec un fond souverain en devises “doté de 50 milliards de dollars au départ”, un dispositif d’encouragement de l’acquisition d’entreprises à l’étranger “pour favoriser le transfert de technologies dont le pays a besoin”, une banque publique de crédits à long terme, un Fonds de développement national et 48 Fonds de développements régionaux “pour assister techniquement et financièrement les jeunes Algériens désireux de créer leur propre entreprise”. Une démarche et des instruments de développement qui peuvent permettre à l’Algérie de se hisser, elle aussi, “d’ici 2033, parmi les 20 premières économies mondiales”.

Algérie Focus

Alors que le flou total entoure la présidentielle : Une seule équation, plusieurs probabilités

A quelques jours de la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle, des indiscrétions laissent croire que des personnalités politiques, qui jusqu’ici, n’ont pas affiché d’ambition à ce sujet, pourraient être de la course.
A une semaine de la convocation du corp électoral, la scène politique vit dans une totale confusion. En dehors de la crise du FLN et l’engagement des candidats potentiels à l’élection présidentielle de 2014, le moment politique reste figé par le flou entretenu par le Président sur ses intentions.
L’ancien Premier ministre, Ahmed Benbitour, a été le premier à afficher clairement son ambition de briguer le fauteuil présidentiel. L’homme multiplie les sorties médiatiques et les initiaves pour tenter de gagner des partisans à sa cause. Mais au fil du temps, l’enfant de Metlili semble en perte de vitesse.
En plus de la concurrence que lui livre, en sourdine, ses anciens collègues du gouvernement, la probable candidature de personnalités proches du régime ne laisse pas beaucoup de choix à l’expert ès finances.
S’il est certain que Benbitour ne concourra pas seul lors de cette élection, peu de candidats «lourds» pointent au portillon. Des noms de «grosses pointures» sont évoqués. Mais tous semblent attendre une prise de position définitive de Abdelaziz Bouteflika.
Or, en dehors des images le montrant dans la posture d’un homme malade incapable de parapher une loi de finances, ce dernier se mure dans un silence qui donne lieu à toutes les interprétations possibles. Alors que les observateurs les plus avertis ont conclu (vite ?) à un renoncement de l’actuel chef de l’Etat, ses partisans, même s’ils semblent en être de moins en moins convaincus, s’activent dans l’espoir de le voir une autre fois à la tête de l’Etat.

Le collège des anciens Premiers ministres

Ce n’est pourtant qu’une hypothèse. Le possible retrait de l’actuel chef de l’Etat a ouvert bien des appétits. Des noms de candidats de «substitution» circulent avec insistance dans les rédactions algéroises. A commencer par l’outsider du moment, et le joker présumé du clan présidentiel, à savoir Abdelmalek Sellal. L’actuel Premier ministre, qui ne serait pas chaud pour se présenter à l’élection présidentielle, serait poussé par les proches du chef de l’Etat à solliciter les suffrages des électeurs. Le journal londonien El Qods El Arabi a même évoqué, récemment, un quitus de Bouteflika à son Premier ministre.
En dehors de Abdelmalek Sellal, d’autres noms reviennent avec insistance. C’est le cas de Mouloud Hamrouche, ces derniers jours. Ancien ministre sous Chadli Bendjedid, un des artisans des réformes politiques de 1989, l’enfant de Skikda jouit d’une bonne réputation. L’homme, septuagénaire, s’est éloigné de la vie politique depuis son «éviction» en 1991 suite aux violentes manifestations du FIS dissous. En dehors d’une participation avortée à la présidentielle de 1999, Mouloud Hamrouche n’avait jamais pris de position durant les années 1990. L’ancien Premier ministre évite toute déclaration médiatique.
Mais d’anciens cadres de l’Etat s’activent pour le faire revenir sur la scène politique.
Mieux, des comités de soutien à sa candidature sont créés un peu partout dans le pays et dans l’émigration. Ayant grandi dans le système depuis l’indépendance, Mouloud Hamrouche n’est cependant pas un homme qui se précipite. Son silence n’est justifié, par ses partisans, que par le flou qui entoure l’élection d’avril 2014.
S’inscrivant en dehors de l’actuel pouvoir, Ali Benflis est le seul ancien ministre dont la candidature ne dépend pas de la décision de Abdelaziz Bouteflika. L’installation d’une direction de campagne et l’activisme de ses collaborateurs démontrent que l’avocat de 70 ans va annoncer «sous peu» sa candidature à l’élection présidentielle. Croit-il en sa bonne étoile ? Apparamment oui. Mais dans un système versatile, tout reste possible.

Réservistes de la république

Deux autres anciens Premiers ministres restent en embuscade. Mis «en réserve de la République» Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem observent de loin. Le premier s’exprime par le biais de ses proches. C’est ainsi que Seddik Chihab a déclaré au site d’El Watan que «Ouyahia se tient prêt» au cas où le chef de l’Etat ne briguera pas un nouveau mandat.
Le RND règlera probablement la question lors d’une prochaine réunion de son conseil national.Presque oublié depuis son éviction du secrétariat général du FLN, Abdelaziz Belkhadem se prépare, lui aussi, à se lancer dans la bataille dans le cas où Abdelaziz Bouteflika ferait défection. L’ancien secrétaire général du FLN, qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’armée, organisera un dîner, dans les tout prochains jours, avec les mouhafedhs de son parti. L’objectif de ce festin étant bien sûr d’évoquer sa candidature à l’élection présidentielle, nous a révélé un mouhafedh. L’évocation de ces noms ne règle pourtant pas toute la problématique. Comme une bonne partie de l’opinion, tous ces candidats potentiels guettent l’attitude de l’actuel chef de l’Etat dont l’entourage voudrait ne rien laisser au hasard. Et c’est là que  réside tout le problème.

El Watan

mardi 7 janvier 2014

INTERROGATIONS ET ENJEUX DE LA PRÉSIDENTIELLE D'AVRIL 2014 : Une question d'hommes!

A trois mois du scrutin présidentiel, où sont donc les candidats?
Le champ politique algérien demeure dans l'expectative, chacun attendant que l'autre se déclare. Des noms circulent certes, peu probables cependant, sinon peu crédibles, tant que ceux auxquels on prête de telles ambitions nationales ne se soient pas eux-mêmes déclarés.
A la veille d'une échéance dont l'importance n'est pas à souligner, qu'est -ce qu'une élection présidentielle? Un vide sidéral plane sur la scène politique nationale. Et ce sont les médias, analystes et «experts» qui comblent un tant soit peu cette vacuité de l'espace politique algérien. Cependant, l'absence de réactivité des potentiels postulants au scrutin présidentiel d'avril prochain, ne signifie pas que forcément tous les candidats à la candidature soient de «faux jetons». Certains se sont déjà lancés sans filets dans une campagne préélectorale dans l'espoir de se voir agréer et tenter leur chance dans la course au palais d'El Mouradia. Dans ce contexte, des candidats portant la double nationalité se sont fait connaître, chacun promettant de faire table rase pour construire une «nouvelle République». Certes, nous n'aborderons pas cependant, du moins dans ce texte, cette particularité, la double nationalité, qui rend inéligibles les postulants à la magistrature suprême du pays. Notons toutefois que pour être éligible à la présidence de la République, le candidat doit, notamment selon l'article 73 de la Constitution, jouir uniquement de la nationalité algérienne d'origine. Cela étant, il est patent que l'Algérie stagne et n'arrive pas à dépasser les contingences qui l'ont fixée dans une situation d'où elle gagnerait à en sortir alors que des problèmes urgents se posent au pays. Donc, à quelques semaines de la présidentielle, peu de candidats à la candidature - si l'on excepte les postulants «transnationaux» - se sont jusqu'ici déclarés ou fait connaître pour la succession du président sortant. Cela, de fait, délégitime un processus aussi solennel que l'élection du chef de la magistrature suprême du pays. Ces postulants en puissance auraient dû émerger de la manière la plus naturelle s'il existait effectivement un espace politique, animé par des hommes politiques conscients du rôle qu'ils ont à jouer au niveau de l'Etat - et à faire jouer à leur partisans - qui auront su se rallier une vraie classe politique qui met et sait mettre l'intérêt de la Nation avant toute chose. C'est-à-dire des «hommes d'Etat», produits d'un champ politique «normalisé», qui participent à la conduite des destinées d'un peuple et d'un Etat. C'est dans ce contexte que nous avons toujours eu, avant que d'avoir à relever ses tares, à déplorer l'absence de cette espèce décidément très rare en Algérie, l'Homo politicus.

Une espèce rare: l'Homo politicus
C'est-à-dire l'homme politique qui n'est pas dans le champ du pouvoir, mais agit en contre-pouvoir, ne serait-ce que dans la perspective de se donner une visibilité politique. Or, les «politiciens» actuels, n'ont pas su se transcender, dépasser les calculs mesquins pour voir plus loin, plus haut. En termes plus explicites, intervenir en temps réel pour tout ce qui touche à la vie politique, sociale, économique, industrielle, culturelle, environnementale du pays. Le silence de nos soi-disant hommes politiques est inconcevable en relation avec les problèmes sociaux que vivent les Algériens. Où étaient-ils ces derniers jours, quand ils ont observé un étrange mutisme concernant les événements qui ont marqué Ghardaïa et sa région? Comment prétendre faire de la «politique», avoir la patrie au coeur, lorsque l'on s'abstient d'avoir une opinion sur les faits qui marquent les villes, villages et régions de l'Algérie? Condamner ou apporter le soutien, là n'est pas le problème, mais dans le fait de ne point réagir, maintenir un silence inadmissible, puisque observé alors qu'il fallait s'exprimer pour affirmer cette présence politique plutôt que de laisser les forces de sécurité et les autorités publiques seules face à la détérioration de la situation. Ne serait-ce que pour prévenir la fitna! Ce n'est là qu'un exemple du lien qui doit, aurait dû exister entre la politique et des hommes qui ont fait de celle-ci leur métier. Or, voici des hommes qui ont démissionné devant les événements, qui ont préféré regarder ailleurs, quand il leur fallait réagir et agir en hommes politiques conscients de leur rôle dans la société et sa guidance. Ni les députés, ni les partis politiques, ni la société civile - mis à part quelques échos épars ici et là - n'ont jugé «politiquement correct» d'y mettre leur grain de sel. Ainsi, ils ne réalisent pas les retombées que peuvent avoir des événements - souvent dus à des problèmes réels, non pris en charge par les autorités publiques - qui affectent, ou affecteront, gravement les équilibres économiques, sociaux et identitaires de notre pays. Nous en avons l'exemple dans la crise de la Kabylie toujours, de fait, non résolue et qui perdure depuis près de trois décennies. Il y a donc un décalage entre les faits et les réactions des hommes qui se disent «politiques» mais de fait absents du terrain «politique». Et c'est ce terrain qui détermine et qualifie un homme politique. Aussi, gérer le pays et les hommes n'est pas donné, dès lors que l'on fait montre d'une méconnaissance aussi inimaginable des réalités du pays que l'on veut administrer. De plus, comment prétendre gérer un pays en ignorant les aspirations de son peuple? Souvent l'on se focalise sur ce qui est visible et est, incontestablement, porteur - surtout en période électorale - tout en faisant l'impasse sur les vrais problèmes qui paralysent le développement et suscitent la colère, voire les émeutes des citoyens, plus particulièrement de la jeunesse. La harga, le chômage, la montée de la délinquance, la drogue qui inonde nos lycées et nos universités, ont des raisons que les hommes de pouvoir et ladite «opposition» préfèrent ignorer plutôt que de tenter de les comprendre pour leur trouver une (des) solution (s). En se tenant à l'écart et/ou en ignorant les problèmes que vivent les citoyens les laissant seuls face aux autorités publiques - lorsqu'elles ne répriment pas, celles-ci ont tendance à pousser au pourrissement de la situation - les hommes politiques et les partis politiques font faux bond à leur raison d'être.

Entre l'accessoire et l'essentiel
Aussi, qu'est-ce qui est le plus important en cette période préélectorale, la (énième) révision de la Constitution, ou donner des réponses et faire des propositions de solutions aux problèmes auxquels sont confrontée les catégories sociales? C'est pourtant à quoi s'amuse le dirigeant du parti majoritaire du pays, le FLN, Amar Saâdani, qui disait encore, il y a quelques jours, que la Constitution pourrait être «amendée» en une journée. Il s'agit de quoi en fait? Pourquoi réviser à tout bout de champ un texte qui se voulait solennel et constitutif de la société algérienne? Quelle solennité peut être accordée à une Constitution que l'on triture ponctuellement pour les besoins d'une cause? Et d'abord, c'est quoi une Constitution? C'est une loi - pas seulement celle qui détermine le nombre de mandats à la magistrature suprême - qui organise la société dans ses diversités - a fortiori, une société aussi plurielle que la nôtre - et apporte des réponses singulièrement aux questions d'identité. Ce que, d'ailleurs, la présente loi fondamentale ne fait pas suffisamment et de manière claire et aussi convaincante que cela aurait été souhaité. Or, l'identité d'une nation, la façon de vivre ensemble, se décline, doit se décliner, dans tous les programmes politiques publics. Elle s'incarne au plus haut sommet de l'Etat et ne saurait se confondre avec une question de clan ou de tribu En fait, la République - ce que prône la Constitution - doit rassembler et non point dresser les citoyens les uns contre les autres. Dès lors, l'identité algérienne demeure-t-elle floue pour nombre de citoyens qui désormais - se positionnent en tant qu'«Arabes», «Kabyles» «Chaouis» «Targuis», «Mozabites»... Ne sommes-nous pas là, en train d'implanter le germe de la division? Or, le constat est là: «l'algérianité» qui doit, devait, être le ciment de la Nation algérienne, est diluée dans «l'arabité» et une sorte de résurrection du clanisme et du tribalisme, alors que le pays est riche de ses différences qui font sa spécificité. Chacune de ces «spécificités» ne sont pas, ne font pas l'identité algérienne, car il n'y a pas une identité «arabe», kabyle, «chaouie», mozabite» ou «targuie», mais c'est ensemble qu'elles forment l'identité algérienne dont le fond et la quintessence sont arabes, kabyles, chaouis, mozabites et targuis qui fondent et donnent tout son sens à l'identité nationale algérienne. Bien sûr, nous nous devons de comprendre la Constitution dans sa construction historique et dans sa maturité, l'honorer et l'admettre. C'est donc, l'ignorance par les pouvoirs publics de ces «spécificités» propres à l'Algérie - que reflète partiellement l'actuelle loi fondamentale, que sont les ascendances amazighes de la population algérienne - qui ont déclenché une sorte d'incompréhension, sinon le clash, entre le pouvoir politique et plusieurs régions du pays. Aussi, si amendement de la loi fondamentale, il y a, c'est par là qu'il faut commencer! Il ne faut pas, en effet se leurrer quant à la réalité des faits. Aussi, nous aurions été très attentifs aux propositions qu'aurait faites le responsable du FLN pour rectifier ces manques relevées dans la loi fondamentale, aux fins d'affermir l'identité nationale et de rassembler les Algériens.
Un homme politique qui ne prend pas en compte ces faits ou, plus grave, en ignore la réalité, ne peut prétendre à diriger l'Algérie. Il faut donc poser le problème dans sa globalité. Un candidat a déclaré qu'il veut instaurer une «nouvelle» République. Certes! Mais quelle République? Ira-t-il jusqu'à mettre à plat tous les problèmes qui minent le pays depuis l'indépendance et avoir le courage de les énoncer formellement? Qu'en pensent les Algériens? Voilà, en tout état de cause, une question qui mériterait de leur être directement posée. Tant il est vrai que dans un Etat républicain - du moins qui se présente comme tel - c'est au peuple que revient le dernier mot et c'est au peuple qu'il appartient de trancher sur des questions qui engagent directement son devenir. Nous ne sommes certes pas dans une Constitution jeffersonienne, mais l'espoir est-il permis? C'est précisément le cas pour la Constitution du pays, révisée ces dernières années en petit comité et en l'absence du peuple au nom duquel toutes les décisions sont pourtant prises. Cela pour dire que les hommes politiques du pays - existent-ils? - ne jouent pas franc jeu. Or, en politique, il n'y a pas d'impondérables, seul le terrain départage les plus méritants des flagorneurs et des laudateurs. Dans la mesure où le choix lui est permis, le peuple choisit un homme qui incarne la nation, qui porte les intérêts du pays et qui est garant des institutions. En effet, le problème n'est guère simple et, faut-il le souligner, le choix des hommes étant très limité. La preuve? Ils ne s'enpressent pas et les «moins-disants» d'entre eux attendent de voir d'où soufflera le vent. Ce qui n'est guère politique. L'Algérie n'a pas besoin d'idéologie, en revanche, il y a pour elle l'exigence et l'urgence de lutte contre les inégalités, qui sont économiques et sociales, par le redressement d'une Ecole nationale en ruine, la reconstruction d'une industrie découragée, la revalorisation d'une agriculture incapable de répondre aux besoins de quarante millions d'Algériens. Aussi, prendre les destinées de l'Algére n'est ni une sinécure ni un pis-aller, mais un défi à relever qui ne peut échoir qu'à des personnes à stature «d'homme d'Etat». Ces hommes existent-ils? Dans l'affirmative, qu'ils se fassent connaître!

L'expression

INTERROGATIONS ET ENJEUX DE LA PRÉSIDENTIELLE D'AVRIL 2014

Votez pour qui, tel est la question?
Jusqu'à présent, les candidats ne se bousculent pas au portillon.
2014 Nous y sommes depuis quelques jours. C'est l'année de l'élection présidentielles qui a suscité les plus grandes interrogations et les commentaires les plus intenses avec, sur la table, quelques choix qu'on pourrait qualifier de trop maigres en nombre, voire de trop réduits.
La question des choix est importante car plus le peuple a de choix, plus il a la possibilité de tomber sur des candidats qui répondent à ses attentes. Ceci bien sûr lorsque les élections se déroulent normalement et lorsque les gens ne sont mus que par l'intérêt du pays. Partons donc de ces deux hypothèses et déclinons les choix qui se présentent pour l'instant aux Algériens.

D'abord, il y a Bouteflika
Avec ses 15 ans à la tête de l'Etat, il a déjà battu tous les records de longévité de président de la République algérienne. Pour rappel, Ben Bella avait occupé le poste près de trois ans, Boumediene avait gouverné durant 12 ans, Bendjedid lui avait succédé pour une durée de 13 ans, Boudiaf n'avait tenu que quelques mois et Zeroual avait dû jeter le tablier avant moins de 5 ans. Aujourd'hui, à entendre les voix qui s'élèvent pour un quatrième mandat, comme celles de Saâdani, Ghoul, Benyounès, Sidi Saïd, Bensalah et on en passe, à entendre toutes ces voix, on comprend que Bouteflika pourrait postuler pour une quatrième présidence. Certes, jusqu'à présent, Bouteflika n'a pas encore exprimé sa volonté, mais les appels qui ne cessent de fuser donnent l'impression que, quelque part, on voudrait influencer sa décision et le pousser à se présenter.
Certains opposent à ce choix trois éléments: l'état de santé, le nombre de mandats et l'âge de l'actuel locataire d'El Mouradia. À la première critique, les «appeleurs» au quatrième mandat ont vite fait de rétorquer que Roosevelt dirigeait les Etats-Unis depuis un fauteuil roulant et que Mitterrand dirigeait la France alors qu'il traînait un cancer.Pour le second volet, celui relatif au nombre de mandats, ils avancent que rien dans la Constitution ne l'en empêche et que, ajouteront les plus zélés qui, visiblement, ne font même pas la différence entre une monarchie et une république, «la reine d'Angleterre dirige son pays depuis 62 ans». Quant au troisième aspect de la chose, c'est-à-dire l'âge de l'actuel Président, ils ne répondront même pas considérant certainement qu'il ne s'agit pas là d'un élément sérieux. Par ailleurs, les défenseurs du quatrième mandat mettent en avant le bilan de la période durant laquelle Bouteflika a eu à gérer le pays. La paix retrouvée, le remboursement de la dette de l'Algérie, les multiples programmes de développement économique, les constructions de logements, d'universités, d'hôpitaux, d'écoles, etc.
Les «anti» quatrième mandat n'entendent pas les choses de la même oreille. Ils consentent qu'il y a certes une paix retrouvée et un remboursement de la dette du pays mais, affirment-ils, on ne peut pas cependant parler de développement économique et la fronde sociale n'a jamais été aussi grande que durant ces dernières années: logements, salaires, chômage et mal-vie sont les premières causes du mécontentement du peuple. Le développement n'est pas une affaire de chiffres mais une affaire de qualité. Pour toutes ces raisons, et certainement pour d'autres raisons aussi, certaines voix se sont élevées, à l'instar de Benbitour et Djilali Sofiane (pour ne citer que ceux-là) pour signifier leur refus d'un quatrième mandat. Lorsqu'on se rappelle qu'il y a quelque temps à peine, il était impossible de prendre de telles positions ouvertement, on peut dire que c'est un bon signe pour la démo cratie.

Ensuite, il y a Benflis
L'autre choix que l'on propose au peuple, c'est l'ancien secrétaire général du FLN, le candidat malheureux de l'élection de 2004, celui qui a su garder le silence depuis lors sans jamais perdre l'espoir de réaliser un jour le rêve de présider aux destinées du pays. Ali Benflis, porté par une certaine presse, n'a pas encore décliné ses intentions. Certes, quelques «proches», nous disait la presse, ont affirmé qu' «il le fera avant la fin de l'année» mais l'année est écoulée et nous sommes en 2014 et toujours rien. La même presse nousapprend encore ce début de janvier 2014 qu'il «annoncera sa candidature dans quelques jours».
Il y a lieu de comprendre que Benflis est en train d'attendre de voir plus clair dans une situation, dont le flou n'est pas la moindre caractéristique. Il désire attendre de mieux voir les contours de cette élection qui ne pourront commencer à se dessiner qu'avec l'annonce de l'actuel Président, de ses intentions quant à une nouvelle candidature ou un renoncement à la participation à la course.
De ce côté aussi, des voix parviennent pour nous dire que Benflis est un candidat au potentiel intéressant. Que ses chances de gagner la course sont grandes vu que, entre 2000 et 2003, il a eu à diriger trois gouvernements successifs après avoir occupé, entre 1988 et 1991, le poste de ministre de la Justice à trois reprises successives sous les gouvernements de Merbah, Hamrouche et Ghozali.
Ce choix a des défenseurs, il a un directeur de campagne et même des comités de soutien à la candidature de Benflis ont été érigés, un peu partout sur le territoire, nous dit-on. Des meetings auraient même été tenus, dont le dernier en date est celui organisé à Sour El Ghozlane samedi dernier.
Peu de voix, en fait, s'élèvent contre Benflis. Celles qui le font, le font au vu de l'âge du concerné, qui aura 70 ans le jour de l'élection, de son éloignement des rouages de la politique depuis dix longues années ou bien alors au vu de l'improbable rupture qu'il aura à prôner, étant donné qu'il avait longuement fait partie du système en place. Mais des griefs sérieux contre l'enfant de Batna, on n'en connaît pas jusqu'à présent.
Pour Benflis, on a des éléments sur les intentions, il ne reste que l'annonce officielle et la collecte des signatures légales pour que sa candidature sorte du virtuel et devienne réelle.

Ensuite, il y a Benbitour
Le candidat Benbitour représente l'autre choix pour le peuple algérien. Certainement parti de l'idée bien connue en stratégie que le premier arrivé se taille une bonne part du marché, il a été le premier à annoncer officiellement sa candidature. Depuis 2012, les Algériens savent que l'ex-chef de gouvernement de Bouteflika est candidat à la présidentielle de 2014. Ils savent que c'est lui qui a eu, un jour, le courage certes, mais aussi l'honnêteté de déposer avec grand bruit sa démission, dès qu'il avait jugé impossible de continuer à travailler avec l'actuel locataire d'El Mouradia.
Mais Benbitour, c'est déjà autre chose. Docteur en économie, il prône la réforme de l'Etat en profondeur, disent ses défenseurs. Il veut moderniser le pays et revoir les tares du système, ajoutent les observateurs. Une feuille de route à la main, Benbitour ne cache pas son opposition à Bouteflika qu'il considère incapable de postuler à un quatrième mandat. Ayant enfilé son burnous de candidat depuis 2012, pour prêcher sa parole, Benbitour a eu tout le temps de sillonner le pays en long et en large à la recherche de supports et de supporters, notamment qu'il a, lui aussi, la lourde tâche de rassembler les signatures imposées par la loi électorale à tout candidat indépendant.
Contre Benbitour, non plus, il n'y a pas de griefs réels. En tant qu'Algérien adulte et responsable, il a le droit de jouir de tous ses droits civiques y compris celui de se faire élire président des Algériens en 2014. Mais dans un système qui a fait de la destruction de la connaissance et du savoir son premier objectif, il y a lieu de douter que Benbitour parvienne à passer l'étape de la collecte des signatures et si, entre-temps, il aurait mis en place des structures à cette fin, disons qu'il serait difficile de le voir gagner cette élection non pas qu'il soit mauvais ou incapable, mais seulement parce que des docteurs, on n'en veut pas là-haut, c'est tout!
En attendant, l'enfant de Metlili affirme qu'il serait capable de rassembler bien plus que les signatures de 600 élus locaux ou nationaux et qu'il sera en mesure de se faire parrainer par plus que les 60.000 Algériens exigés par la loi électorale.
Dans les matchs de coupe de football, on est habitué à voir des «cendrillons», comme on les appelle, sortir de grands clubs de la compétition. En généralisant, on peut dire que dans toute compétition, il y a toujours des chances pour qu'un nouvel arrivé sorte des anciens ou qu'un prétendu «faible» se défasse d'adversaires donnés plus forts par les parieurs ou plus solidement ancrés à leurs yeux.

Après, il y a Djilali Sofiane
A cet égard, on peut par exemple rappeler qu'Apple, nouveau venu dans le monde de la téléphonie, avait terrassé le géant Nokia et que la petite entreprise Nintendo, en lançant la Wii, avait paralysé les grands producteurs de jeu vidéo qu'étaient Microsoft avec la Xbox et Sony avec la Play Station. De même, rien n'empêche Djilali Sofiane de tenter de s'imposer comme choix sérieux aux Algériens lors de l'élection présidentielle de 2014. Il a la jeunesse et la verve qui va avec. Il n'a rien à voir avec le système en place, il a un parti qui le soutient, il représente l'espoir d'une rupture et c'est même le message qu'il veut transmettre aux Algériens. Algérien comme tous les Algériens qui veulent apporter quelque chose au pays, il offre ses services aux Algériens au nom d'un changement qui tarde à venir et pour un avenir à la hauteur des ambitions du pays.
Djilali Sofiane ne cache pas son opposition à Bouteflika. Il en fait même un atout qu'il voudrait faire valoir auprès des électeurs chaque fois qu'il passe à la télévision.

Et les autres
Jusqu'à présent, les candidats ne se bousculent pas au portillon. Les seuls à avoir soulevé le voile sur leurs intentions en plus de Benbitour et Sofiane, il y a Abdelaziz Belaïd du Front El-Moustakbel et ex-chef de l'Unja, il y a Mehdi Abbas Allalou président du Parti des centristes algériens (PCA), il y a aussi Yasmina Khadra. Il y aura probablement aussi une femme, Naïma Salhi et, bien sûr les «étrangers», ces Algériens d'ailleurs ou vivant ailleurs et qui, bien que sans rien à voir avec le pays ou presque, n'ont pas hésité à faire connaître leur intention «présidentielle». Mais là, on n'est déjà plus dans le sérieux!

L'expression

Présidentielle : le corps électoral sera convoqué durant la 1ère quinzaine de janvier 2014


Le corps électoral sera convoqué pour la présidentielle 2014 "durant la première quinzaine du mois" de janvier a annoncé lundi à Alger le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Tayeb Belaiz.
Lors d’une conférence de presse animée à l’issue de sa visite dans la wilaya d’Alger, M. Belaiz a précisé que "le corps électoral sera convoqué pour la présidentielle de 2014 la première quinzaine du mois de janvier courant à travers la publication d’un décret présidentiel".
"Je pense que la scène politique et les partis réagiront le jour suivant la publication du décret, notamment par l’annonce des déclarations de candidature", a-t-il ajouté.
La loi organique n° 12-01 du 18 Safar 1433 correspondant au 12 janvier 2012 relative au régime électoral stipule dans son article 25 que "sous réserve des autres dispositions prévues par la présente loi organique, le corps électoral est convoqué, par décret présidentiel dans les trois (3) mois qui précédent la date des élections"

APS

lundi 6 janvier 2014

Le corps électoral convoqué dans 10 jours

Il reste au chef de l’Etat dix jours seulement pour convoquer, par décret présidentiel, le corps électoral, comme le précise la loi organique relative au régime électoral.
L’article 25 du code électoral stipule : «Le corps électoral est convoqué par décret présidentiel dans les trois mois qui précèdent la date des élections.»
Une obligation constitutionnelle têtue, mais surtout un moment politique fatidique pouvant lever un tant soit peu l’incertitude qui frappe l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu le 17 avril prochain. A partir de la convocation du corps électoral, les candidats à la candidature sont ainsi déclarés. La déclaration de candidature à la présidence de la République résulte du dépôt d’une demande d’enregistrement auprès du Conseil constitutionnel contre récépissé suppose, outre les conditions fixées par l’article 73 de la Constitution, que le candidat doit présenter soit «une liste comportant au moins 600 signatures individuelles de membres élus d’APC, d’APW et d’APN réparties au moins à travers vingt-cinq wilayas.
Soit une liste comportant 60 000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale.
Ces signatures doivent être recueillies à travers au moins vingt-cinq wilayas. Le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas ne saurait être inférieur à 1500».
Une sélection de candidats pouvant participer à l’élection présidentielle qui aura lieu «dans les trente jours qui précèdent l’expiration du mandat du président de la République», stipule l’article 132 du régime électoral dans ses dispositions particulières relatives à l’élection du président de la République. Très affaibli par la maladie, l’actuel locataire d’El Mouradia, Abdelaziz Bouteflika, voit ses chances de briguer un quatrième mandat s’éloigner.

El Watan

Des comités de soutien à Bouteflika optent pour Benflis

Les comités et les associations de soutien au programme du président de la République viennent de trancher leur choix quant à l’élection présidentielle d’avril 2014.
Réunis le 28 décembre dernier à Alger, les réseaux qui ont servi de support au président Abdelaziz Bouteflika durant ses trois mandats à la tête du pays ont décidé de soutenir l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, qui, selon nos informations, officialisera sa candidature à la magistrature suprême dans les prochains jours.
Dans un document parvenu hier à notre rédaction, les comités de soutien au programme du président Bouteflika, qui lui ont demandé auparavant de renoncer à un quatrième mandat, indiquent que leur décision a été prise après «une large consultation avec des personnalités politiques et des anciens moudjahidine auprès desquels ils ont demandé conseil». La série de rencontres qu’ils ont entamées depuis mars 2013 dans le cadre de ce qu’ils appellent «la sécurisation du front intérieur après l’attaque terroriste de Tiguentourine à In Amenas», les a aidés à mieux cerner, explique le communiqué signé par l’animateur général des comités de soutien, Abdelghani Touhami, et plusieurs coordinateurs de wilaya, les enjeux de la prochaine étape et «la nécessité de l’avènement de la deuxième République».

«STRATÉGIE RÉALISTE»

Appelant les acteurs politiques nationaux et les différentes personnalités à prendre position et faire barrage aux opportunistes et à ceux qui ont trempé dans des affaires de corruption et d’argent sale, et amener l’Algérie vers la stabilité en l’extirpant des dangers qui la guettent.
Les comités de soutien au programme du président de la République disent avoir élaboré une stratégie pour consolider un candidat épris des valeurs de la révolution algérienne, de la justice et capable de mettre en place une équipe qui est à même de trouver des solutions aux problèmes économiques du pays. Et ils pensent que le candidat répondant à ces qualités,  est bien Ali Benflis qui les a reçus dernièrement. Pour eux, l’ancien chef de gouvernement est le seul qui soit capable de diriger l’Algérie, car qu’il possède les compétences nécessaires pour «rassembler l’élite algérienne et construire un Etat qui survivra aux hommes».
Selon la même source, l’ancien chef de gouvernement sera le premier président de la deuxième République. Les comités de soutien se disent «convaincus des thèses défendues par Ali Benflis». Il a, affirment-ils, «un projet politique clair et une stratégie réaliste».

 El Watan